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SHIMA, L’ÎLE AU JAPON

 

L’insularité est le paradoxe de la géographie japonaise. Tout le monde sait, ou presque, que le Japon forme un ensemble insulaire. Mais hormis une brève énumération des quatre grandes îles qui le composent et quelques rapides clichés sur ce qui serait le comportement insulaire des Japonais – peuple à part, singulier, presque incompréhensible – rares sont les descriptions en profondeur de l’insularité en question.

Il suffit d’ailleurs de relever la fantaisie qui caractérise le nombre d’îles japonaises proposé par des ouvrages considérés comme sérieux – 3 400 dans celui-ci, 4 500 dans celui-là, ou encore 6 900 dans tel autre, 20 000 îles même dans un annuaire réputé d’informations sur le Japon – pour se rendre compte de l’incertitude, de l’imprécision et finalement de l’opacité qui domine à ce sujet

Certes, le rapport des Japonais à la mer est plus connu, mieux analysé, mais d’une façon rarement liée à son contexte insulaire. Le discours des Japonais eux-mêmes sur leur insularité est traversé de contradictions, d’analyses et d’interprétations opposées.

De fait, ce paradoxe qui existe entre la simplicité des descriptions et la richesse d’une réalité géographique appuyé sur une attitude ambivalente, puisque contradictoire, des Japonais vis-à-vis de leur espace, permet d’aborder l’un des aspects fondamentaux de la socioculture japonaise dans son rapport avec le milieu géographique.

Mais, au fait, le mot de shima que l’on traduit en français par « île » a-t-il bien ce sens ? Pourquoi trouve-t-on des toponymes en -shima dans les montagnes à l’intérieur des terres ? Pourquoi utilise-t-on un autre terme dans l’archipel Ryûkyû ? Un passage par l’étymologie et la linguistique nous permet de comprendre la richesse de cette notion.

 

Le 20 novembre 2014, Philippe PELLETIER.