Chaire KAWABATA - ASSOCIATION FRANCE JAPON

Samedi 27 avril 2019, 14h30, conférence à Nucera "Le Japon sous l'objectif de Nicolas Bouvier" par Julien Béal

Samedi 27 avril 2019, 14h30,

conférence à l'auditorium de la Bibliothèque Nucera à Nice

  "Le Japon sous l'objectif de Nicolas Bouvier" par Julien Béal

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Entrée libre dans la mesure des places disponibles

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L’Association France Japon-Chaire Kawabata, a le plaisir de vous inviter à sa dernière conférence du cycle 2018-2019

Ce samedi 27 avril 2019, le conférencier est Julien Béal, Bibliothécaire, responsable du fonds ASEMI, (Collection de référence pour toutes recherches ou étude sur l’Asie du Sud Est) et chercheur à l'Université Côte d'Azur au Centre Transdisciplinaire et Epistologique de la Littérature et des arts vivants.

La conférence vous présentera  "Le Japon sous l'objectif de Nicolas Bouvier"

"Ecrivain, photographe, iconographe, Nicolas Bouvier est avant tout un grand voyageur. Parmi tous les pays qu'il a connus, le Japon a un statut à part. À partir de 1955, Nicolas Bouvier y effectue en effet de multiples séjours. C’est d'ailleurs à Tôkyô que Bouvier devient, par nécessité, photographe. Avant la plume, c’est donc l’objectif photographique qui va donner à voir les rencontres de Bouvier avec le Japon et ses habitants. Cette conférence vise à la fois à présenter et analyser ces rencontres ainsi que les rapports entre la photographie et l’écriture dans l’œuvre japonaise de Bouvier."

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Ce samedi ne manquez pas la conférence de Julien Béal à la Bibliothèque Nucera " Le Japon sous l'objectif de Nicolas Bouvier"

Ce samedi 27 avril 2019

ne manquez pas la conférence de Julien Béal

à la Bibliothèque Nucera

" Le Japon sous l'objectif de Nicolas Bouvier"

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Et pour vous donner envie de d'aller plus loin

voici une Bibliographie conseillée par

Julien Béal

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Ecrits de Nicolas Bouvier

-          Japon, Editions Rencontre, 1967, (Collection l’Atlas des voyages).

-          Chronique japonaise, Payot, 1989, ISBN 978-2-228-88198-2

-          Voyage poétique à travers le Japon d’autrefois : la route étroite vers les districts du nord, Office du livre, 1976.

-          Boissonnas, une dynastie de photographes : 1864-1983. Payot, 1983, ISBN 2-601-0040-6

-          Le vide et le plein : carnets du Japon : 1964-1970, Hoëbeke, 2004, ISBN 2-84230-176-5

-          Œuvres, Gallimard, 2004, ISBN 2-07-077094-X

-          Dans la vapeur blanche du soleil : les photographies de Nicolas Bouvier, Editions Zoé, 1999, ISBN 2-88182-358-0

-          Histoire d’une image, Zoé, 2015, ISBN 978-2-88182-959-8.

 

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Ecrits sur le Japon

-          Barthes, R., L’Empire des signes, Skira ; Flammarion, 1980, ISBN 2-605-0000-1

-          Katô, S., Le temps et l’espace dans la culture japonaise, CNRS éditions, 2012, ISBN 978-2-271-06710-4

-          Laplantine, F., Tokyo, ville flottante : scènes urbaines, mise en scène, Stock, 2010, ISBN 978-2-234-06397-6

-          Lévi-Strauss, C. L’autre face de la lune : écrits sur le Japon, Seuil, 2011, ISBN 978-2-02-103525-4

-          Rigaudis, M., Japon, mépris… Passion : regards de la France sur le Japon de 1945 à 1995, L’Harmattan, 1998, ISBN 2-7384-7152-8

-          Souyri, P.-F. Moderne sans être occidental : aux origines du Japon d’aujourd’hui, Gallimard, 2016, ISBN 978-2-07-012569-2

-          Takemoto, T., L’Âme japonaise en miroir : Claudel, Malraux, Lévi-Strauss, Einstein… Essai et textes choisis, Entrelacs, 2014, ISBN 978-2-908606-87-4

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Samedi 27 avril 2019, 14h30, conférence à Nucera "Le Japon sous l'objectif de Nicolas Bouvier" par Julien Béal

Samedi 27 avril 2019, 14h30,

conférence à l'auditorium de la Bibliothèque Nucera à Nice

  "Le Japon sous l'objectif de Nicolas Bouvier" par Julien Béal

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Entrée libre dans la mesure des places disponibles

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"Le Japon sous l'objectif de Nicolas Bouvier"

suite et fin du texte de Julien Béal

« Rumpen », ce mot emprunté à l’allemand est adopté par Bouvier pour se présenter aux Japonais qu’il rencontre lors de ses longues marches qui, dans le Japon rural, ne passent évidemment pas inaperçues. Il signifie vagabond, mais un vagabond miséreux, en lambeaux, ce qui au Japon, est enrobé d’une image plutôt positive. Il évoque dans l’imaginaire collectif japonais d’abord les poètes vagabonds comme Matsuo Bashô évidemment mais aussi Kobayashi Issa, Inoue Seigetsu ou plus proche de nous Santôka mais il évoque aussi la culture de la marche qui est fondamentale dans ce pays montagnard avec les messagers de guerre (les « pieds légers », 足軽 ashigaru en japonais), les moines errants, les héros en exil comme Yoshitsune ou les marathoniens si populaires encore aujourd’hui.

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Rappelons que chez Bouvier, le voyage est d’abord vécu comme une ascèse : « Le voyage ne vous apprendra rien si vous ne lui laissez pas aussi le droit de vous détruire. C’est une règle vieille comme le monde. Un voyage est comme un naufrage, et ceux dont le bateau n’a pas coulé ne sauront jamais rien de la mer.» Cette conception du voyage se rapproche de celle de Claude Lévi-Strauss notamment : « En même temps qu’il transporte à des milliers de kilomètres, le voyage fait gravir ou descendre quelques degrés dans l’échelle des statuts. Il déplace, mais aussi il déclasse – pour le meilleur et pour le pire – et la couleur et la saveur des lieux ne peuvent être dissociées du rang toujours imprévu où il vous installe pour les goûter».

C’est donc par la marche dans les campagnes japonaises que Bouvier va pouvoir retrouver l’état de voyageur qu’il affectionne tant et, ses photographies et ses textes en témoignent, c’est là qu’il fera ses plus belles rencontres. Avec des camionneurs à Otsu, avec les habitants de Wakanai ville la plus septentrionale du Japon lors de la fête tanabataou encore avec les aïnus, toujours dans le nord du Japon, les exemples ne manquent pas de véritables moments où Bouvier a pu retrouver l’échange, le partage, ce sentiment d’un continuum du monde que seul le voyage procure.

C’est indéniable et l’analyse des photographies (comme la série d’épouvantail ou les portraits de campagnards) comme la lecture de Japon, de Chronique japonaise, et des lettres à Vernet le confirme, Bouvier aime le Japon des humbles, des simples et c’est celui-là qu’il essaie de comprendre et de donner à voir au lecteur. Il aime aussi le Japon traditionnel, celui des lanternes, des idéogrammes, des mythes fondateurs et c’est principalement à la campagne qu’il va trouver tout cela.

Julien Béal, Université Côte d’Azur,

Centre Transdisciplinaire et Epistémologique de la Littérature et des arts vivants



 

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CONFERENCE DU 27 AVRIL 2019, 14H30 : "LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER" BIBLIOTHEQUE NUCERA, NICE

CONFERENCE AUDITORIUM DE LA BIBLIOTHEQUE NUCERA NICE

SAMEDI 27 AVRIL 2019 A 14H30

"LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER "

PAR JULIEN BEAL

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Entrée libre dans la mesure des places disponibles

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"Le Japon sous l'objectif de Nicolas Bouvier"

suite du texte de Julien Béal

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Dans le Japon des villes de Bouvier, il faut distinguer Tôkyô et Kyôto, les deux villes dans lesquelles il n’était pas de passage, mais résident (...). Centre du premier séjour au Japon, Tôkyô est plus intime pour Bouvier car il y a vécu beaucoup d’expériences marquantes dont la misère et la faim, nous l’avons dit. Bouvier la retrouvera d’ailleurs avec plaisir, même s’il aura du mal à la reconnaitre du fait de l’urbanisation galopante, lors de son second voyage puis plus tard, vers la fin de sa vie. Il aime son quartier d’Arakichô 荒木町, il aime les gens de shitamachi (下町la ville du dessous comme l’appelle les Japonais) pour leur côté écorché et roublard. Il déteste en revanche les nouveaux quartiers, ceux du renouveau économique, ceux où tout semble fonctionner de manière automatique.

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De Kyôto en revanche, il ne garde pas un souvenir fabuleux. Bien qu’il mentionne cette ville comme « une des dix au monde dans laquelle il faut avoir vécu», il la dépeint comme une ville musée ou une ville école dans laquelle (« si vous jetez un caillou, vous êtes sûrs de toucher un professeur») il faut montrer que l’on sait. A Kyôto, Bouvier habite avec son épouse et son fils Thomas dans un temple, ce qui à première vue est un peu singulier et propice à des expériences intéressantes. Mais la ville est trop empreinte de la noblesse de son histoire et les gens, certainement trop occupés à porter cet héritage, ne sont pas à l’écoute. Il tirera pourtant plusieurs clichés de ce Kyôto traditionnel (temples, jardins, geikô etc…) qui viendront illustrer son livre Japon notamment mais on sent que cette ville n’est pas faite pour lui et qu’il lui préfère largement des villes de province plus petites comme Nagoya par exemple.

A SUIVRE...

 Julien Béal, Université Côte d’Azur,

Centre Transdisciplinaire et Epistémologique de la Littérature et des arts vivants



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CONFERENCE DU 27 AVRIL 2019, 14H30 : "LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER" BIBLIOTHEQUE NUCERA, NICE

CONFERENCE DU 27 AVRIL 2019, 14H30 

"LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER"par JULIEN BEAL

BIBLIOTHEQUE NUCERA, NICE

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"LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER"

Texte de

JULIEN BEAL

Suite...

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« Le seul moyen de parler posément du Japon, d’une façon qui satisfasse à la fois notre logique et notre hâte serait de n’y avoir jamais mis les pieds. Mais j’y suis allé deux fois, et c’est bien là le hic.». Confronté à la société japonaise, Bouvier aura encore plus de mal à restituer son expérience de retour en Europe car évidemment, les Européens ont des idées toutes prêtes sur le Japon et qu’il faudrait déjà les gommer avant de pouvoir commencer à transmettre quelque chose. Le contraire est vrai également mais il est au Japon un prérequis comportemental qui se résume en un mot : 建前, tatémaé, littéralement la façade d’un bâtiment. Ce tatémaé, omniprésent dans l’espace urbain, impose d’offrir à autrui, qui plus est à un étranger, une posture bienveillante, respectueuse et propre mais sans jamais dévoiler, ne serait-ce qu’une bribe des sentiments intérieurs. Nicolas Bouvier a été maintes fois confronté à cette « façade » et a cherché, par l’humour notamment mais aussi par la photographie à aller de l’autre côté. Mais la porte étant parfois si bien fermée et l’humour en japonais lui étant difficilement possible, il a dû se résoudre pour la première fois de sa vie à voler des clichés."

à suivre...

 

 

Julien Béal,

Université Côte d’Azur,

Centre Transdisciplinaire et Epistémologique de la Littérature et des arts vivants



 

 

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CONFERENCE DU 27 AVRIL 2019, 14H30 : "LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER" BIBLIOTHEQUE NUCERA, NICE

CONFERENCE DU 27 AVRIL 2019 A 14H30 

"LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER"PAR JULIEN BEAL

BIBLIOTHEQUE NUCERA, NICE

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"LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER"

SUITE...

 

« Au fond, deux moyens seulement de mettre les choses en perspective : la pratique courante de la langue, et l’histoire du pays. Comme on ne peut pas faire de la grammaire, faisons de l’histoire ». De l’histoire il sera beaucoup question et de manière extrêmement documentée, dans les écrits sur le Japon de Bouvier, mais de grammaire, en apparence non. La langue japonaise est en revanche omniprésente, d’admirations en frustrations, d’apprentissages en rejets, Bouvier se heurte véritablement à cette langue. Il la parle suffisamment pour que, alliée au mime, elle puisse lui permettre d’entrer en contact et de converser à minima. Mais le véritable échange se refuse à lui et il semble que ce soit là la source d’une réelle souffrance. Bouvier n’est pas le premier à ressentir cette impuissance devant, non point tant la langue (car il y a des aspects faciles d’accès pour un francophone comme la phonétique ou le vocabulaire de base), mais au système logique de cette dernière dont le point névralgique est l’écriture. Michaux par exemple, qui a si souvent inspiré 

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Exposition La Fenêtre (photographies de Nicolas Bouvier de ses différents voyages au Japon)

Collaboration avec le Musée de l’Élysée de Lausanne pour le festival Kyotographie en 2013, 

 stand du Japon au Salon du Livre à Genève en 2014

(Internet)

Bouvier, parle d’infirmité « Moi aussi, je fus au Japon. Infirme là-bas celui qui ne sait pas avec des signes/signifier ». Michaux parle même de honte parce qu’il n’a pas été capable de répondre, ni par les mots, ni par le dessin, à une très jeune fille qui venait de lui exprimer sa pensée par un dessin et lui tendait le crayon. Cette rencontre avec le dessin comme fondement d’un mode de pensée et de communication va bouleverser Michaux au point de l’amener à réapprendre le dessin et à s’y consacrer. Il y a un épisode similaire lors du premier séjour de Bouvier au Japon qu’il relate dans une lettre à Thierry Vernet datée du 23 novembre 1955.

Bouvier lui aussi, est subjugué par l’exotisme de l’écriture japonaise « la plus complexe du monde » dit-il, il prendra et publiera beaucoup de photographies de cette dernière. Mais il est surtout convaincu de n’être que spectateur de cette écriture, de ne pas être en mesure de se l’approprier. Or, s’il est possible de parler sans savoir ni lire, ni écrire, il est difficile de comprendre les rouages de la communication (même orale) au Japon sans apprendre l’écriture. Ces codes sociaux, cette étiquette maintes fois honnie par Bouvier, et source de tant de frustrations pour lui comme pour son épouse (mais pas pour Thomas leur fils, qui lui ne connait pas ces barrières linguistiques, ni ces freins à l’apprentissage de la langue et de l’écriture), ne sont compréhensibles et surtout acceptables que si les facultés de lire et d’écrire le Japonais sont acquises, même partiellement.

Dans « L’empire des signes », Bouvier reste, surtout par son « infirmité » non point seulement langagière mais bien graphique, aux yeux des Japonais comme un enfant (sauf aux yeux des personnes qui lors de son second séjour savent qu’il est père de famille car l’enfant est au Japon plus encore qu’ailleurs, un élément socialisant) et aussi bien l’indifférence comme la tendresse qu’il a pu ressentir sont très fortement liés à cette perception.

 

A SUIVRE...

 Julien Béal, Université Côte d’Azur,

Centre Transdisciplinaire et Epistémologique de la Littérature et des arts vivants

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CONFERENCE DU 27 AVRIL 2019, 14H30 : "LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER" BIBLIOTHEQUE NUCERA, NICE

CONFERENCE DE JULIEN BEAL 

27 AVRIL 2019, 14H30 

"LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER"

AUDITORIUM BIBLIOTHEQUE NUCERA, NICE

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"LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER"

(Suite)

Premier séjour de vingt mois seul de 1955 à 1956, deuxième séjour avec femme et enfants de 1964 à 1966, puis séjours plus courts lors de l’exposition universelle d’Ôsaka en 1970 et en 1997 à la toute fin de sa vie ; le Japon est une rencontre au long cours, un véritable compagnon de vie pour Nicolas Bouvier. A l’inverse, Bouvier peut aussi être considéré comme un véritable témoin de l’évolution du Japon dans une période particulièrement importante pour ce pays. Les photographies de Bouvier donnent à voir du reste ce développement spectaculaire du Japon notamment au niveau de l’urbanisation. Car, autant celles du premier séjour montraient un Japon, certes américanisé mais qui conservait encore son essence rurale, autant celles des séjours postérieurs montrent l’emprise inexorable du développement économique et d’une de ses composantes : la ville (ou plutôt la métropole).

 

(…) en 1955, les occidentaux au Japon so

LE VIDE ET LE PLEIN

nt surtout Etats-uniens, il y a très peu d’européens et Bouvier va vite se rendre compte que le Japon est en quête d’autre chose que de culture américaine et que sa personne va symboliser, non pas la Suisse, mais la France dont la culture, la littérature, les arts et la chanson sont très prisés. Malgré sa volonté de mettre son égo de côté, Bouvier a forcément apprécié cette « notoriété », cette curiosité intellectuelle à son égard, même si elle est induite par des phénomènes de masse.

Il serait réducteur cependant de résumer le séjour de Bouvier au Japon à celui d’une « idole occidentale » tant Bouvier y a vécu de sentiment contradictoires et tant il avait l’impression parfois d’être en dehors de tout, surtout lors de son premier séjour.

Il est à ce propos très intéressant de remarquer que non seulement Bouvier utilise le terme « Gaijin » (外人littéralement « la personne de dehors » qui désigne de manière brutale l’étranger) en page de garde de son ouvrage Japon mais qu’en plus il le fait figurer dans son écriture japonaise et qu’il y adjoint une citation de La Fontaine : « J’étais là, quelque chose m’advint » insistant ainsi sur son positionnement extérieur à la mentalité japonaise et sur son incompréhension de sa transposition dans le réel.  

 

A suivre...

Julien Béal,Université Côte d’Azur,

Centre Transdisciplinaire et Epistémologique de la Littérature et des arts vivants

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L'ASSOCIATION FRANCE JAPON-CHAIRE KAWABATA VOUS INVITE A DECOUVRIR LE JAPON DE NICOLAS BOUVIER

L'ASSOCIATION FRANCE JAPON-CHAIRE KAWABATA

VOUS INVITE A DECOUVRIR

LA CONFERENCE DE JULIEN BEAL

"LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER"

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le 27 avril 2019 à 14h30

Auditorium de la Bibliothèque Nucera Nice

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Entrée libre dans la mesure des places disponibles

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"LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER"

Suite...

 

"On pourrait se demander ce qui rapproche le haïku, poème court écrit ou chanté de la photographie. Une chose est certaine, le haïku n’est pas un art élitiste au Japon et, s’il est très lié à la langue japonaise, il est également profondément lié à la nature et à l’impermanence des choses et des êtres et au voyage. Aujourd’hui, les Japonais sont bien moins nomades qu’à l’époque de Bashô évidemment et ils se déplacent avec des moyens de transports rapides. Les errances dans la nature sont donc devenues rares. Le pragmatisme aidant, la photographie joue souvent le rôle de suppléant et il est courant de voir des réunions de personnes qui, à partir d’une même photographie, composent des haïku et les lisent à haute voix devant le collectif.

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Occidentaux, livres, haiku, nature… Où sont les rencontres avec le peuple japonais ? Elles existent évidemment. Il y a les rencontres furtives nous l’avons dit et puis il y a des rencontres plus marquantes et ces dernières ont principalement lieu avec des personnes âgées ou des enfants (et les photographies en témoignent) comme si, et Bouvier le dit lui-même, les codes sociaux empêchaient avec les autres générations et notamment les « actifs » citadins tout dialogue véritable avec l’occidental."

A SUIVRE...

Julien Béal, Université Côte d’Azur,

Centre Transdisciplinaire et Epistémologique de la Littérature et des arts vivants



 

 

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Bibliothèque Nucera Nice le 27 avril 2019 à 14h30 venez découvrir "Le Japon sous l'objectif de Nicolas Bouvier" par Julien Béal

Bibliothèque Nucera Nice le 27 avril 2019 à 14h30

venez découvrir la conférence

"Le Japon sous l'objectif de Nicolas Bouvier"

par Julien Béal

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"Le Japon sous l'objectif de Nicolas Bouvier"

(Suite)

[Nicolas Bouvier va aussi se plonger dans les œuvres d’] Osamu Dazai dont il goûte la noirceur et le désespoir) et surtout dans l’œuvre des poètes vagabonds.

Cette dernière rencontre apparait comme une révélation que Bouvier se plaira à conter et à raconter à maintes reprises. La scène se déroule dans un temple lorsqu’un bonze le réveille en lui murmurant à l’oreille le dernier haïku de Matsuo Bashô : 旅に病で夢は枯野をかけ廻る – En voyage souffrant, mon rêve erre sur une plaine déserte. La souffrance du voyage (l’idéogramme 病 évoque la maladie), l’errance, les rêves, la solitude, on ne peut s’empêcher de penser que Bouvier s’est vu dans ce poème. C’est une rencontre puissante qui va germer et mûrir dans l’esprit de Bouvier jusqu’à le pousser à traduire un journal de voyage de Bashô.

md7962092519Office du livre, Fribourg, 1976 (image internet)

Et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit d’un itinéraire que Bouvier lui-même a emprunté lors de son voyage à Hokkaidô (même s’il est allé plus au Nord que Bashô). La traduction de Bouvier est accompagnée dans l’édition française de photographies très esthétisantes de Dennis Stock qui provoque sur le lecteur une impression de magnificence altérant quelque peu la réalité de l’errance du poète et répondant certainement à des contraintes éditoriales. Autre élément troublant, Bouvier n’y reprend pas, bien qu’il présente plusieurs poèmes hors de l’œuvre traduite, le haïku déclencheur, celui que le bonze lui avait murmuré alors qu’il était épuisé par une longue marche en cote.

A SUIVRE...

Julien Béal, Université Côte d’Azur,

Centre Transdisciplinaire et Epistémologique de la Littérature et des arts vivants



 

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CONFERENCE DU 27 AVRIL 2019, 14H30 : "LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER" BIBLIOTHEQUE NUCERA, NICE

CONFERENCE DU 27 AVRIL 2019, 14H30 BIBLIOTHEQUE NUCERA, NICE

"LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER"

CONFERENCE DE JULIEN BEAL

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Entrée libre dans la mesure des places disponibles

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"LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER"

TEXTE DE JULIEN BEAL

( Suite)

Mais les seules relations profondes et suivies que Bouvier aura au Japon le seront avec des Occidentaux, les rencontres avec les Japonais peuvent être amicales ou amoureuses mais elles sont toujours brèves, comme des instantanés. Le photographe Florian Steiner et l’étudiant des beaux-arts Alain Villeminot surtout avec lequel il voyagera sur le Tôkaidô mais aussi les orientalistes Jean-Pierre Hauchecorne et Bernard Frank constituent en fait les vraies rencontres au long cours de ses séjours.

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Puis, il y a toutes les rencontres avec les nourritures de l’esprit car à défaut de vraiment apprécier la cuisine japonaise, Bouvier va se nourrir de voyages bien-sûr, mais aussi de nombreuses lectures notamment pour la rédaction de Japon qui parait en 1967 puis de Chronique japonaise en 1989. Grand lecteur, Bouvier comme beaucoup de voyageurs avant lui (dont Christophe Colomb à qui il consacre quelques paragraphes d’ailleurs dans Japon), vit son voyage « le livre à la main ».

Dans une démarche que l’on retrouve chez Lévi-Strauss, Bouvier va plonger dans les racines civilisationnelles du Japon, dans ses mythes fondateurs (notamment le Kojiki 古事記 qui fonde le Shintoïsme) mais il va aussi plonger dans sa littérature (particulièrement celle de Yukio Mishima et surtout Osamu Dazai dont il goûte la noirceur et le désespoir) et surtout dans l’œuvre des poètes vagabonds.
A SUIVRE...

 Julien Béal, Université Côte d’Azur,

Centre Transdisciplinaire et Epistémologique de la Littérature et des arts vivants



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L'ASSOCIATION FRANCE JAPON-CHAIRE KAWABATA VOUS INVITE A DECOUVRIR LE JAPON DE NICOLAS BOUVIER

L'ASSOCIATION FRANCE JAPON-CHAIRE KAWABATA DE NICE

VOUS INVITE A DECOUVRIR "LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER"

CONFERENCE DE JULIEN BEAL

AUDITORIUM DE LA BIBLIOTHEQUE NUCERA, NICE,

LE SAMEDI 27 AVRIL, 14H30

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( entrée libre dans la mesure des places disponibles)

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"LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER"

(suite du texte)

Bien que son histoire du Japon résumée ait été dictée par des contraintes éditoriales, elle était très documentée, bien que parfois parcellaire (ce qui au regard de la difficulté de l’exercice ne peut guère lui être reproché) et subjective.

(…)

Bouvier écrira relativement souvent sur les images après son retour du Japon en 1966 et surtout à la fin de sa vie. Il tiendra notamment une rubrique intitulée « L’image de… » dans la revue Le Temps stratégique de 1992 à 1997. Un des textes paru dans cette rubrique est intitulé Béni soit l’œil et parait fondamental pour comprendre le rapport aux images entretenu par Bouvier. Il y indique notamment que la quête des images l’a « enrichi autant que tout ce que j’ai pu lire entre 6 et 63 ans » et y célèbre l’image comme « un contrepoint merveilleux à la culture du texte».

Cette référence à la composition musicale tisse la conception de Bouvier des rapports entre l’écrit et le visuel.

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L’écrit est mûri, très travaillé chez Bouvier alors que la photo est brute même s’il peut y avoir une sélection des clichés pour raison éditoriales notamment. Bouvier maitrise peu ses photographies comme il maitrise peu ses voyages et surtout, il ne cherche pas à le faire. En revanche, il semble toujours avoir tenté de maitriser ses récits en les retravaillant énormément. Mais Bouvier souffre de ne pouvoir exprimer avec l’écriture les moments impalpables de la vie, l’essence du voyage : « En cherchant à rédiger ce qui devait être le simple compte rendu d’une longue route, je me suis aperçu qu’un certain nombre de choses refusaient d’être dites, et que plus elles étaient centrales et essentielles, plus elles renâclaient à être réduites à des mots». La photographie apparait dès lors comme une alternative aux lacunes de l’écriture dans sa capacité à figer le sujet dans une permanence tout en montrant combien il est périssable et dans sa faculté à souligner ce que chaque être a de personnel tout en exhibant ce qu’il a de commun avec le reste de l’humanité. La photographie au contraire de l’écriture n’est pas linéaire, elle présente un ensemble lisible immédiatement.

A suivre...

Texte de  Julien Béal,

Université Côte d’Azur,

Centre Transdisciplinaire et Epistémologique de la Littérature et des arts vivants



 

 

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"LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER" CONFERENCE DU 27 AVRIL 2019 14H30 BIBLIOTHEQUE NUCERA NICE

"LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER"

PAR JULIEN BEAL

CONFERENCE DU 27 AVRIL 2019 14H30

BIBLIOTHEQUE NUCERA NICE

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"LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER"

(suite du texte)

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Beaucoup de clichés sont liés à la route dans l’Usage du monde, au déplacement (comme ceux de la Fiat Topolino de facto absente au Japon). Il y a moins de clichés de ce type au Japon où Bouvier

se sédentarise en quelque sorte bien qu’il effectue quand même quelques voyages[1] : la célèbre route du Tôkaidô 東海道 notamment qu’il sera l’un des derniers occidentaux à emprunter à pied avant son urbanisation et Hokkaidô 北海道 ainsi que le cap Kyôga. N’oublions pas qu’en général, au Japon, à part quelques excursions en compagnie de son épouse Eliane, Bouvier ne voyage pas avec un proche comme Thierry Vernet qui était dessinateur et photographe. Il n’est pas forcément seul mais il partage moins la vision des choses, ses photos sont donc potentiellement plus personnelles.

(…)

Mais le premier sujet de Bouvier, qu’il soit photographe nomade ou sédentaire, c’est le visage. Bouvier parle de cadeau, de don de celui ou celle qui offre son visage à l’objectif. Il y a dans les clichés japonais de nombreux portraits avec des visages souvent très expressifs présentant des moments de vie, d’émotions (gourmandise culinaire, transe, jeu d’enfants etc…). Pour faire un portrait de qualité, Bouvier pense que le photographe doit s’effacer devant son sujet[1] et il le fait à merveille. Il considère d’ailleurs qu’en Asie, photographier un visage est plus simple car celui-ci est assumé avec plus de naturel.



[1] « Il faut laisser monter les émotions, les visages se remplissent » écrit-il (cité par François Laut dans Nicolas Bouvier, L’œil qui écrit, op cit., page 190).

A suivre...

Texte de Julien Béal, 

Université Côte d’Azur,

Centre Transdisciplinaire et Epistémologique de la Littérature et des arts vivants

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"LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER" CONFERENCE DU 27 AVRIL 2019 14H30 BIBLIOTHEQUE NUCERA NICE

"LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER"

CONFERENCE DU 27 AVRIL 2019, 14H30, BIBLIOTHEQUE NUCERA NICE

PAR

JULIEN BEAL

***

Le Japon sous l’objectif de Nicolas Bouvier

images

Nicolas Bouvier, Oeuvres, Quarto Gallimard, 17-06-2004 (image Internet)

 

Ecrivain, photographe, iconographe, Bouvier est avant tout un voyageur[1] qui écrit et collectionne le monde[2] au travers et grâce à ses voyages, qu’ils soient géographiques ou livresques.

Mais si l’écriture chez Bouvier est exigeante, presque torturante, et nécessite une longue maturation, la photographie, elle, est immédiate, plus objective et permet de restituer l’instant avec une exactitude rapide et légère. L’activité de photographe permet aussi à Bouvier au Japon de « financer les loisirs nécessaires à l’écriture, sans lui faire de tort »[3] et, littéralement, de le nourrir.

Après avoir envisagé la place et le rôle de la photographie dans sa vie et son œuvre, nous étudierons « les Japon » de Nicolas Bouvier en nous attachant à évaluer le caractère prépondérant et salvateur que l’image photographique y occupe.



[1] Voir entretien avec Nicolas Bouvier, « L'usage du monde », archives de la RTS : https://www.rts.ch/ archives/dossiers /3477393-nicolas-bouvier-aux-confins-du-recit-de-voyage.html (consulté le 03/12/2017).

[2] « Collectionner les photographies, c’est collectionner le monde ». Cette phrase de Susan Sontag fait écho à la vie et l’œuvre de l’iconographe Bouvier (in Sur la photographie, C. Bourgois, 2000, page 15).

[3] Lettre à Thierry Vernet datée du 24 février 1956 in Europe, n°974-975 (juin-juillet 2010), pages 18-19.

 

Texte de Julien Béal,

Université Côte d’Azur,

Centre Transdisciplinaire et Epistémologique de la Littérature et des arts vivants

A suivre...

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NOTEZ LA PROCHAINE CONFERENCE DU 27 AVRIL 2019 A 14H30 " LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER" PAR JULIEN BEAL

NOTEZ LA PROCHAINE CONFERENCE

AUDITORIUM DE LA BIBLIOTHEQUE NUCERA A NICE

LE 27 AVRIL 2019 A 14H30

" LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER"

PAR

JULIEN BEAL

Bibliothécaire et chercheur au CTEL, Université de Nice Sophia Antipolis

 

PH113-15-4 recto

PH113-15-4 : Sans titre, Auteur non identifié, 1880?,

Université Nice Sophia Antipolis - Bibliothèques - Photothèque ASEMI, collection Louis Dumoulin (CC-BY)

 

Ecrivain, photographe, iconographe, Nicolas Bouvier est avant tout un grand voyageur. Parmi tous les pays qu'il a connus, le Japon a un statut à part. À partir de 1955, Nicolas Bouvier y effectue en effet de multiples séjours. C’est d'ailleurs à Tôkyô que Bouvier devient, par nécessité, photographe.

Avant la plume, c’est donc l’objectif photographique qui va donner à voir les rencontres de Bouvier avec le Japon et ses habitants. Cette conférence vise à la fois à présenter et analyser ces rencontres ainsi que les rapports entre la photographie et l’écriture dans l’œuvre japonaise de Bouvier.

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Aujourd'hui, samedi 6 Avril 2019 à 14h30, Bibliothèque Nucera conférence sur l'écrivaine japonaise Kawakami Hiromi

Aujourd'hui, samedi 6 Avril 2019

Bibliothèque Nucera Nice à 14h30,

conférence sur l'écrivaine japonaise Kawakami Hiromi

par

Makiko Tsuchiya-Matalon

Docteur ès-Lettres

Chargée de cours, Université Aix-Marseille

***

( Entrée libre dans la mesure des places disponibles)

***

Rappel de l'intitulé exact de la Conférence

 

 

 

 

Rencontres et métamorphoses,

 

le monde merveilleux de Kawakami Hiromi

 

 

Kawakami Hiromi (Copyrights : Editions Picquier)

 

"Kawakami Hiromi est une écrivaine surprenante. Dans ses romans, elle invite à rencontrer l’inattendu ou l’insolite complètement intégré dans la vie quotidienne, en décrivant ces rencontres décalées de la réalité, dans son écriture particulière, raffinée et légère, comme si elles étaient tout à fait normales et de banales. Ces rencontres liées souvent à une métamorphose psychique du narrateur font entrevoir une vision du monde spécifique, mais ouverte à la nature et à la sur-nature. En examinant quelques oeuvres majeures de Kawakami, nous voudrions nous pencher sur ce monde complexe et merveilleux."

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N'OUBLIEZ PAS LA CONFERENCE DEMAIN SAMEDI 6 AVRIL 2019 SUR KAWAKAMI HIROMI A 14H30 BIBLIOTHEQUE NUCERA A NICE

N'OUBLIEZ PAS DEMAIN

 

 SAMEDI 6 AVRIL 2019

A 14H30 BIBLIOTHEQUE NUCERA A NICE

 

LA CONFERENCE

"RENCONTRE ET METAMORPHOSE, LE MONDE MERVEILLEUX DE KAWAKAMI HIROMI"

PAR

MAKIKO TSUCHIYA-MATALON

***

(Entrée libre dans la mesure des places disponibles)

***

 

 

les années douces

 

C.V.

 

(très abrégé)

 

deMakiko Tsuchiya-Matalon

 

 

Docteur ès-lettres - Université d’Aix-Marseille

 

Chargée de cours à l’Université d’Aix-Marseille

 

 

 

En 2017

 

*Obtention de la qualification au poste de maître de conférences.

 

De 1998-2000

 

*Thèse : « L’Extrême-Orient imaginaire de Paul Claudel »

 

*Maîtrise,  D. E. A. et Doctorat de Lettres, Université de Provence, Faculté des Lettres de l’Université d’Aix-Marseille.

 

De 1985-1990

 

*Licence ès lettres de l’Université Waseda  (Japon).

 

*Etude approfondie du théâtre japonais : Kabuki, Nô et Bunraku, avec le Professeur Toshio Kawatake.

 

 

 

Outre ses nombreux travaux de Recherches Universitaires, notamment  sur le haïku et le théâtre traditionnel japonais, ses multiples publications d’articles dans divers magazines et revues …  Makiko Tsuchiya-Matalon organise des manifestations et des rencontres culturelles japonaises (Cérémonies du thé, théâtre Nô…)… Elle est également enseignante en Japonais, interprète et traductrice.

 

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RENCONTRE JAPONAISE MENSUELLE MARDI 2 AVRIL 2019 DE 14H A 17H A PROPOS DE KAWAKAMI HIROMI

RENCONTRE JAPONAISE MENSUELLE

MARDI 2 AVRIL 2019 DE 14H A 17H

MAISON DES ASSOCIATIONS NICE GARIBALDI

A PROPOS

DE KAWAKAMI HIROMI

...

Réservée aux adhérents de l'Association France Japon-Chaire Kawabata de Nice

...

les années douces

L'Association invite ses membres à venir discuter et partagerles impressions à propos des lectures des romans de Kawakami Hiromi.

51SAQI2WmhL

Makiko Tsuchiya-Matalon qui présentera la conférence sur le "monde merveilleux" de cette écrivaine le 6 avril prochain a signalé ses trois oeuvres majeures "Sensei no Kaban, Les Années douces", "Manazuru", et "Suisei, Soudain, j’ai entendu la Voix de l’eau"...

Si vous le voulez bien, nous en parlerons le 2 avril,  tous ensemble de façon conviviale, amicale et constructive.

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Samedi 6 avril 2019 à 14h30 : conférence par Makiko Tsuchiya-Matalon à Nucera "le monde merveilleux de Kawakami Hiromi"

Samedi 6 avril 2019 à 14h30

Auditorium de la Bibliothèque Nucera Nice

conférence par Makiko Tsuchiya-Matalon à Nucera

"le monde merveilleux de Kawakami Hiromi"

...

Entrée libre dans la limite des places disponibles

...

C.V. de la Conférencière

Makiko Tsuchiya-Matalon

 

Docteur ès-lettres - Université d’Aix-Marseille

 

Chargée de cours à l’Université d’Aix-Marseille

 

En 2017

*Obtention de la qualification au poste de maître de conférences.

De 1998-2000

*Thèse : « L’Extrême-Orient imaginaire de Paul Claudel »

*Maîtrise,  D. E. A. et Doctorat de Lettres, Université de Provence, Faculté des Lettres de l’Université d’Aix-Marseille.

 

De 1985-1990

*Licence ès lettres de l’Université Waseda  (Japon).

*Etude approfondie du théâtre japonais : Kabuki, Nô et Bunraku, avec le Professeur Toshio Kawatake.

 

Outre de nombreux travaux de recherches universitaires, entre autres sur le haïku et le théâtre traditionnel japonais, de publication d’articles dans diverses revues et magazines,  Makiko Tsuchiya-Matalon est organisatrice de manifestations et de rencontres culturelles japonaises (cérémonies du thé, théâtre Nô…), enseignante en Japonais, interprète et traductrice.

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POUR VOUS DONNER ENVIE DE VOUS PLONGER DANS LES LIVRES DE KAWAKAMI HIROMI AVANT LA CONFERENCE DU 6 /04/19

POUR VOUS PLONGER DANS LES LIVRES DE KAWAKAMI HIROMI AVANT LA CONFERENCE DU 6/04/19

Bibliothèque Nucera de Nice

"RENCONTRES ET METAMORPHOSES, LE MONDE MERVEILLEUX

DE KAWAKAMI HIROMI  "

par MAKIKO TSUCHIYA - MATALON

...

Liste des œuvres traduites en français

41cEx-U1IRL

  • 1999 : Abandons (溺レる), huit nouvelles traduites par Sophie Refle, Actes Sud ("Lettres japonaises"), 2003.

 

  • 2001 : Les Années douces (センセイの鞄), roman traduit par Elisabeth Suetsugu, Editions Philippe Picquier, 2003 ; Picquier poche, 2005.

 

  • 2003 : Cette lumière qui vient de la mer (光ってみえるもの、あれは), roman traduit par Elisabeth Suetsugu, Editions Philippe Picquier, 2005 ; Picquier poche, 2008.

 

  • 2003 : Les 10 amours de Nishino (ニシノユキヒコの恋と冒険), roman traduit par Elisabeth Suetsugu, Editions Philippe Picquier, 2013 ; Picquier poche, 2015.

 

  • 2005 : La Brocante Nakano (古道具中野商店), roman traduit par Elisabeth Suetsugu, Editions Philippe Picquier, 2007 ; Picquier poche, 2012.

 

  • 2006 : Lu Ma Me Je Ve Sa Di (月火水木金土日), dans Meet n°11 (Tokyo/Luanda, p. 27-37), nouvelle traduite par Elisabeth Suetsugu, Editions Meet, octobre 2007.

 

  • 2006 : Manazuru (真鶴), roman traduit par Elisabeth Suetsugu, Editions Philippe Picquier, 2009 ; Picquier poche, 2012.

 

  • 2008 : Le Temps qui va, le temps qui vient (どこから行っても遠い町), roman traduit par Elisabeth Suetsugu, Editions Philippe Picquier, 2011 ; Picquier poche, 2013.

 

  • 2014 : Soudain, j'ai entendu la voix de l'eau (水声), roman traduit par Elisabeth Suetsugu, Editions Philippe Picquier, 2016 ; Picquier poche, 2018.

 

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NOTEZ LA PROCHAINE CONFERENCE DU 6/04/19 A 14H30 " LE MONDE MERVEILLEUX DE KAWAKAMI HIROMI" PAR MAKIKO TSUCHIYA

NOTEZ LA PROCHAINE CONFERENCE DU 6/04/19 A 14H30

AUDITORIUM DE LA BIBLIOTHEQUE NUCERA A NICE

" RENCONTRE ET METAMORPHOSES,

LE MONDE MERVEILLEUX DE KAWAKAMI HIROMI"

PAR

MAKIKO TSUCHIYA-MATALON

...

 

Rencontres et métamorphoses,

le monde merveilleux de Kawakami Hiromi

(suite et fin)

Je ne suis pas quelqu’un qui croit du fond de mon cœur que des dieux habitent dans toute chose. Mais je crois posséder une sensibilité propre aux anciens Japonais pour apprécier la nature, comme par exemple, lorsque je ressens la lumière et la chaleur du soleil à travers mes fenêtres, le lendemain du jour où j’ai dormi sans chauffage pour économiser l’énergie : je suis émerveillée en me disant «  Oh, mon dieu, c’est vraiment grâce à Otento sama, dieu du soleil! »[1].

51SAQI2WmhL

Il me semble que ce sentiment de respect et d’admiration pour la force de la nature n’est autre que l’attitude humble par quoi l’on écoute la voix de l’invisible, ici appelée « dieux ». En examinant Sensei no Kaban, Les Années douces, Manazuru, et Suisei, Soudain, j’ai entendu la Voix de l’eau, ses trois oeuvres majeures, nous voudrions nous pencher sur la psychologie de nos contemporains.   



[1] KAWAKAMI, Hiromi, Kamisama 2011, Tokyo, Kôdansha, 2011, p. 45, cit., p. 39-40, c’est nous qui traduisons.

 

Makiko Tsuchiya-Matalon

Docteurs ès lettres d’Aix-Marseille Université

Chargée de cours d’Aix-Marseilles Université

 

 

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