Chaire KAWABATA - ASSOCIATION FRANCE JAPON

PROCHAINE CONFERENCE DU 23/02/19 A 14H30 BIBLIOTHEQUE NUCERA " LE MONDE ETRANGE D'EDOGAWA RAMPO" PAR GERALD PELOUX

PROCHAINE CONFERENCE 

LE 23/02/19 A 14H30 BIBLIOTHEQUE NUCERA NICE

" LE MONDE ETRANGE D'EDOGAWA RAMPO" PAR GERALD PELOUX

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Entrée libre dans la mesure des places disponibles

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TS40N

Les deux volumes de Quarante ans de romans de détective

dans les dernières œuvres complètes publiées par Kôbunsha

(cliché transmis par G.Peloux)

 

L'oeuvre d'Edogawa Ranpo

(Suite et fin)

À partir de 1936, il se lance dans le roman policier pour enfant, tout en continuant à écrire pour les adultes. Chaque année (sauf pendant la Deuxième Guerre mondiale) jusqu’à sa mort, il offre à ses jeunes lecteurs une nouvelle aventure.

Parallèlement à ses fictions, Ranpo produit quantité d’essais où il s’intéresse au roman policier (japonais et étranger), à la psychanalyse (et plus particulièrement à l’homosexualité), au cinéma, à sa propre vie. Après 1945, la réflexion sur le genre prend le pas sur la fiction. Ces multiples essais montrent combien les intérêts de l’écrivain étaient variés : ils seront la base d’une œuvre incontournable non seulement pour comprendre Ranpo mais aussi le roman policier japonais, Quarante ans de romans de détective (tanteishôsetsu yonjûnen), son autobiographie.

Gérald Peloux,

Maître de Conférences en Civilisation japonaise

à l'Université de Cergy-Pontoise

 

 

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NOTEZ LA PROCHAINE CONFERENCE DU 23/02/19 A 14H30 " LE MONDE ETRANGE D'EDOGAWA RAMPO" PAR GERALD PELOUX

L'ASSOCIATION FRANCE JAPON-CHAIRE KAWABATA VOUS INVITE

A LA PROCHAINE CONFERENCE LE 23/02/19 A 14H30 BIBLIOTHEQUE NUCERA NICE

" LE MONDE ETRANGE D'EDOGAWA RAMPO" PAR GERALD PELOUX

MAITRE DE CONFERENCES EN CIVILISATION JAPONAISE

UNIVERSITE DE CERGY-PONTOISE

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Entrée libre dans la mesure des places disponibles

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Ranpo vers 1929Ranpo vers 1929

copyright : Hirai Kentarô

L’œuvre d’Edogawa Ranpo est protéiforme et constitue une somme très importante qui n’a pas encore été entièrement réunie dans des œuvres complètes. Les dernières, publiées durant la première décennie du XXIe siècle, comptent 30 volumes d’au moins 500 pages chacun et, pourtant, ces œuvres complètes ne le sont pas vraiment !

Ranpo commence sa carrière en 1923 par des nouvelles, format classique du roman policier des premiers temps, et s’y consacre presque exclusivement jusqu’en 1926. Au cours de cette même année, il commence à rédiger ses premiers longs récits, en feuilleton. Ce type de textes prend cependant toute son ampleur au début des années 1930 : en juin 1931, ce ne sont pas moins de cinq textes en parallèle qu’il publie dans différentes revues.

Gérald Peloux

A SUIVRE...

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AUJOURD'HUI MARDI 12 FEVRIER 2019 VENEZ ECHANGER VOS IMPRESSIONS SUR EDOGAWA RANPO

AUJOURD'HUI MARDI 12 FEVRIER 2019 A 14H VENEZ ECHANGER VOS IMPRESSIONS SUR EDOGAWA RANPO

MAISON DES ASSOCIATIONS GARIBALDI A NICE

EN ATTENDANT LA CONFERENCE  DU 23 FEVRIER

PAR GERALD PELOUX

A LA BIBLIOTHEQUE NUCERA

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Réservé aux adhérents de l'Association France Japon Chaire Kawabata de Nice

(Adhésion possible sur place)

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Entrée maison RanpoLa maison de Ranpo, à Tokyo, musée sur

le célèbre auteur de romans policiers japonais

(cliché transmis par Gérald Peloux)

 

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RENCONTRE "EDOGAWA RANPO" DEMAIN 12/02/19 A 14H MAISON DES ASSOCIATIONS DE GARIBALDI NICE

DEMAIN 12/02/19

RENCONTRE "EDOGAWA RANPO" 

A 14H MAISON DES ASSOCIATIONS DE GARIBALDI NICE

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En attendant la Conférence du 23 février 2019

"Le monde étrange d'Edogawa Ranpo" par Gérald Peloux

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Dans l'optique de la prochaine Rencontre de demain poursuivons la lecture d’Edogawa Ranpo afin de découvrir cet auteur, en lisant - par exemple- une ou plusieurs nouvelles présentées dans l'ouvrage La chambre rouge Traduction Jean-Christian Bouvier  (L'Asie en noir, Pickier Poche, 6,10 €)

Ce sont des nouvelles vraiment courtes que je vous engage à découvrir

pour demain afin que nous puissions en parler ensemble.

la-chambre-rouge-54585-264-432

 

La chaise humaine

Publiée en 1925 dans la revue KURAKU.

« Chaque fois qu’elle s’asseyait, je m’arrangeais pour lui ménager la position la plus confortable possible .Quand je sentais que son corps commençait à se lasser,  je bougeais lentement mes genoux avec d’infinies précautions lui offrant ainsi une nouvelle position sans même qu’elle s’en aperçoive ; puis quand elle était sur le point de s’endormir, je la berçais tendrement dans un imperceptible balancement  de tous mes muscles. »

Deux vies cachées

Publié dans la revue Shinseinen en 1924.

« Avez-vous déjà pensé que le somnambule est quelqu’un qui ignore tout de sa maladie ? Il marche et parle la nuit pendant son sommeil, puis le matin, ne se souvient de rien. Ce sont les autres, qui, un jour  lui apprennent qu’il est somnambule ; les médecins eux-mêmes reconnaissent qu’il est très difficile de diagnostiquer ce genre d’infection car les symptômes sont pratiquement inexistants en dehors des périodes de crise. »

 

l-ile-panorama-767149

Ainsi qu'un roman policier de 156 pages

que vous aurez amplement le temps de découvrir avant la conférence

L’île panoramique

Traduction Rose-Marie Makino-Fayolle

Pickier poche 7€

Quatrième de couverture

"A cet instant précis, une gigantesque corolle dorée troua nettement le velours noir du ciel, et le jardin fleuri, la source chaude, les deux corps enchevêtrés furent noyés sous une cascade de poussière d'or. Le visage blafard de Chiyoko, avec son filet de sang aussi brillant que la laque rouge, était désormais empreint d'une beauté tranquille."

 

     Pour réaliser un rêve fabuleux, un étudiant, passionné par les œuvres d'Edgar Poe, entreprend la construction d'une île idéale conforme à son imagination : usurpation d'identité, assassinat, délires mentaux, mystifications et mises en scène fantastiques nous entraînent dans un monde étrange et merveilleux, un paradis sur terre qui pourrait bien s'appeler aussi l'enfer. Pour s'en faire une idée, le lecteur devrait sans doute puiser dans ses cauchemars les plus extravagants, les plus cruels, mais aussi les plus beaux.

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CONFERENCE DU 23/02/19 A 14H30 BIBLIOTHEQUE NUCERA " LE MONDE ETRANGE D'EDOGAWA RAMPO" PAR GERALD PELOUX

CONFERENCE DU 23/02/19 A 14H30 BIBLIOTHEQUE NUCERA

" LE MONDE ETRANGE D'EDOGAWA RAMPO" PAR GERALD PELOUX

Maître de Conférences en Civilisation Japonaise à l'Université de Cergy-Pontoise

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Ranpo, le grand ordonnateur du roman policier japonais

(Suite)

 

 

Poursuivons les sous-catégories qu’il propose en 1935 (entre parenthèses quelques auteurs typiques du style — malheureusement aucun, à part Yumeno Kyûsaku et Yokomizo Seishi, n’est traduit actuellement en français) : Après l'école ratiocinante vue dernierement, voici

         2. L’école littéraire

 

A : le roman policier faisant appel aux sens (Ôshita Udaru, Yumeno Kyûsaku)

 

B : le roman policier d’effroi (Yokomizo Seishi)

 

C : le roman policier fantastique (Mizutani Jun, Jô Masayuki)

 

D : les autres

 

 

Edogawa Ranpo et Mishima Yukio

Edogawa Ranpo et Mishima Yukio

Cliché transmis par G.Peloux, copyright : Hirai Kentarô

 

 

Le roman policier d’avant-guerre est ainsi traversé par toute une série de débats : comment définir le genre ? Quelles en sont les limites ? Faut-il exclure certains écrivains qu’on jugera comme « hétérodoxes » ou « malsains », loin d’une voie « orthodoxe » ou « saine » que certains tenteront d’imposer ?

Edogawa Ranpo jouera à ce sujet un rôle particulièrement ambigu tout au long de sa carrière. Très vite identifié comme LE représentant majeur du genre par les lecteurs japonais, son écriture n’en reste pas moins très éloignée des canons du genre.

 

Gérald Peloux

 

 

 

 

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L'ASSOCIATION FRANCE JAPON DE NICE PROPOSE LE 23/02/19 A 14H30 " LE MONDE ETRANGE D'EDOGAWA RAMPO" PAR GERALD PELOUX

 L'ASSOCIATION FRANCE JAPON CHAIRE KAWABATA DE NICE VOUS INVITE

LE 23/02/19 A 14H30

BIBLIOTHEQUE NUCERA A UNE CONFERENCE

"LE MONDE ETRANGE D'EDOGAWA RANPO" PAR GERALD PELOUX

(Entrée libre dans la mesure des places disponibles)

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Ranpo, le grand ordonnateur du roman policier japonais

 

Edogawa Ranpo est sans conteste l’un des écrivains, si ce n’est l’écrivain de romans policiers le plus connu au Japon. Pourtant il est un peu l’arbre qui cache la forêt. À partir des années 1920, il va entraîner dans son sillage de très nombreux compagnons qui feront le charme du genre roman policier japonais d’avant-guerre, que certains spécialistes ont comparé aux poissons des abysses : étranges, bizarres, indéfinissables, inclassables… Ranpo, un grand « maniaque » du classement, a durant toute sa vie fabriqué des listes : parmi tant d’autres, les meilleurs romans policiers américains, les incontournables de la littérature policière mondiale, les différents types de trucs utilisés par les auteurs (821 d’après un décompte très sérieux), etc. Il a aussi tenté de classer le roman policier de son pays, confronté qu’il était à son exubérante diversité.

 

Voici les sous-catégories qu’il propose en 1935 (entre parenthèses quelques auteurs typiques du style — malheureusement aucun, à part Yumeno Kyûsaku et Yokomizo Seishi, n’est traduit actuellement en français) :

 

 

Yumeno KyusakuYumeno Kyûsaku (Cliché transmis par Gérald Peloux)

 

Yokomizo SeishiYokomizo Seishi (Cliché transmis par Gérald Peloux)

1. L’école ratiocinante

 

A : le roman policier scientifique (Kôga Saburô, Oguri Mushitarô)

 

B : le roman policier psychologique (Kigi Takatarô)

 

C : le roman policier médical (Kosakai Fuboku)

 

D : le roman policier judiciaire (Hamao Shirô)

 

E : le roman policier social (Hayama Yoshiki, Hirabayashi Hatsunosuke)

Gérald Peloux,

Maître de Conférences à l'Université de Cergy-Pontoise

A SUIVRE...

 

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PROCHAINE RENCONTRE "EDOGAWA RANPO" LE 12/02/19 A 14H MAISON DES ASSOCIATIONS DE GARIBALDI NICE

EN AVANT PREMIERE A LA CONFERENCE DU 23 FEVRIER PAR G.PELOUX

" LE MONDE ETRANGE D'EDOGAWA RANPO "

 

INVITATION A LA PROCHAINE RENCONTRE ADHERENTS

"EDOGAWA RANPO" 

LE 12/02/19 A 14H MAISON DES ASSOCIATIONS DE GARIBALDI NICE

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Shinseinen - numéro de mai 1927Revue Shinseinen, N° de mai 1927 (cliché transmis par G.Peloux)

 

Dans cette perspective, pour une discussion "plus" animée, il serait souhaitable de découvrir cet auteur, en lisant - par exemple- une ou plusieurs nouvelles présentées dans l'ouvrage La chambre rouge (L'Asie en noir, Pickier Poche, 6,10 €)

En voici 3 sur 5...

La pièce de deux sens (Nisen dôka)  qui date de 1923 est la première nouvelle d'Edogawa Ranpo particulièrement bien construite et garde en haleine jusqu'au bout. G. Peloux a indiqué qu'elle a été publiée à l'origine dans le Shinseinen.

"A nos yeux, le voleur avait réalisé un véritable "exploit" que nous commentions à longueur de journée. il faut dire qu'à l'époque, Takeshi Matsumura et moi-même n'avions pas un sou en poche; nous partagions une chambre de six tatamis au dessus de la petite échoppe d'un marchand de sandales en bois des faubourgs de Tokyo et passions le plus clair de notre temps à bavarder et à rêvasser, assis côte à côte devan deux tables basses de papier laqué déchiré qui nous servaient de bureaux."...

La chambre rouge est publiée dans la revue Shinseinen en 1925.

"Notre silence devenait insoutenable. La serveuse s'était effondrée auprès du corps désormais immobile et poussait de petits sanglots nerveux. La lumière vacillante du chandelier donnait à la scène des reflets irréels"

La chenillerefusée comme trop dangereux, le texte a été publié par la revue Shinseinen. Le texte a été interdit durant toutes les années de guerre. Cette nouvelle est considérée aujourd'hui comme le chef d'oeuvre du genre ero-guro (mélange d'érotisme et de grostesque).

"Elle imagina la boule de chair coincée sur sa chaise ou ayant roulé sur les tatamis et clignant désespérément des yeux dans la pénombre...Un élan de compassion et de dégoût étrangement mêlé de sensualité  parcourutsa moelle épinière."

 

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A NOTER LA CONFERENCE DU 23/02/19 A 14H30 BIBLIOTHEQUE NUCERA " LE MONDE ETRANGE D'EDOGAWA RAMPO" PAR GERALD PELOUX

A NOTER LA CONFERENCE DU 23/02/19 A 14H30 BIBLIOTHEQUE NUCERA

" LE MONDE ETRANGE D'EDOGAWA RAMPO"

PAR GERALD PELOUX

MAITRE DE CONFERENCES

UNIVERSITE DE CERGY-PONTOISE

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Pour les fervents de roman policier

Edogawa Ranpo...

(suite)

La paix retrouvée, les soldats américains apportent avec eux des centaines de romans policiers. La renaissance est très rapide, dans un Japon brisé mais avide d’évasion, de lecture distrayante. Plus que dans la fiction, Edogawa Ranpo s’investit désormais largement dans la réflexion, dans la mise en place d’un champ solide, avec, entre autres, la création d’un prix littéraire récompensant une première œuvre, le Prix Edogawa Ranpo.

rampo-3 (1)Edogawa Ranpo (copyright : Hirai Kentarô)

Au début des années 1950 les centres d’intérêts des écrivains et des lecteurs se déplacent vers les questions sociales. La figure majeure de cette nouvelle approche est Matsumoto Seichô (1909-1992)  : banalité de la situation, réalisme de l’arrière-plan, enquête serrée. Mais la crise étudiante de la fin des années 1960 et la crise économique des années 1970 entraînent un renouveau du roman policier d’avant-guerre et de ses thématiques baroques. Quelque peu oubliées, les œuvres de Ranpo sont alors pleinement redécouvertes.

Plus récemment, le phénomène le plus remarquable depuis les débuts de l’ère Heisei (1989-2019) qui va s’achever le 30 avril 2019 avec l’abdication de l’empereur actuel, réside dans l’émergence d’écrivaines spécialisées, alors que jusqu’à présent le genre était largement monopolisé par les hommes : Kirino Natsuo, Takamura Kaoru ou Miyabe Miyuki constituent le fer de lance de cette tendance qui dépasse les frontières (il suffit de penser aux succès de la Française Fred Vargas, de la Suédoise Camilla Läckberg ou de l’Américaine Patricia Cornwell).

Gerald Peloux

Agrégé de langue et culture japonaises

 

Maître de conférences en civilisation japonaise (Université de Cergy-Pontoise)

 

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NOTEZ LA PROCHAINE CONFERENCE DU 23/02/19 A 14H30

" LE MONDE ETRANGE D'EDOGAWA RANPO" PAR GERALD PELOUX

AUDITORIUM DE LA BIBLIOTHEQUE NUCERA NICE

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" LE MONDE ETRANGE D'EDOGAWA RANPO" 

A tous les fervents de romans policiers...

ero-guro-nansensuero-guro-nansensu (Cliché transmis par G.Peloux)

Les histoires de crimes n’ont jamais manqué au Japon. Les lecteurs des périodes précédant la restauration de Meiji (1868) pouvaient savourer les récits criminels d’origine chinoise.

Si les premiers textes traitant effectivement de crime commencent à être publiés au Japon à la fin des années 1870 sous la forme de traductions d’ouvrages européens, il faut attendre la décennie suivante et le journaliste Kuroiwa Ruikô (1862-1920) qui va submerger le champ littéraire de traductions d’œuvres criminelles occidentales. Ce premier âge d’or ne dure pas car Ruikô se tourne ensuite vers d’autres genres littéraires. Il faudra attendre les années 1920 et 1930 pour voir apparaître les véritables premiers écrivains spécialisés dans le genre.

C’est la rencontre entre cette production de traductions et les essais locaux par des auteurs confirmés tels Tanizaki Jun.ichirô (1886-1965) ou Akutagawa Ryûnosuke (1897-1927) qui est à l’origine de l’extraordinaire richesse du genre durant l’entre-deux-guerres. À partir de 1920, et surtout de 1923 avec la parution de La Pièce de deux sen (Nisen dôka), la première nouvelle d’Edogawa Ranpo (1894-1965), le roman policier s’impose comme le genre populaire par excellence. Le contexte culturel de ces années-là au Japon, marquées par la vogue de l’ero-guro-nansensu, mot-valise joignant érotisme, grotesque et nonsense, marque le style du roman policier jusqu’à nos jours. Plutôt que l’intrigue et sa résolution, ce sont les descriptions du crime, les scènes érotiques, souvent teintées de voyeurisme, une imagerie violente qui intéressent les écrivains (et sans doute encore plus les lecteurs) de l’époque. C’est un deuxième âge d’or, marqué par la quantité, la qualité, la diversité. Cependant, la guerre avec la Chine à partir de 1937 puis avec les États-Unis à partir de 1941 et la pression constante de la censure sur un genre jugé dangereux provoquent diverses attitudes parmi les écrivains : certains arrêtent d’écrire, certains se tournent vers des genres moins suspects, d’autres enfin collaborent plus ou moins ostensiblement.

Gérald Peloux,

Maître de Conférences en Civilisation Japonaise

Université de Cergy-Pontoise

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CONFERENCE A NUCERA LE 23 FEVRIER 2019 A 14h30 : "LE MONDE ETRANGE D'EDOGAWA RANPO" PAR GERALD PELOUX

CONFERENCE SAMEDI 23 FEVRIER 2019 A 14h30 AUDITORIUM DE LA BIBLIOTHEQUE NUCERA NICE :

"LE MONDE ETRANGE D'EDOGAWA RANPO" PAR GERALD PELOUX

Maître de Conférences en Civilisation Japonaise à l'Université de Cergy-Pontoise

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Entrée libre dans la mesure des places disponibles

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Quelques dates importantes

(roman policier japonais et Edogawa Ranpo)

(suite et fin)

1937 : premier acte de censure par le régime militaire à l’encontre de l’œuvre de Ranpo.

1941-1945 : quasi-silence littéraire de Ranpo. Durant la même période, le roman policier est contraint d’évoluer face aux exigences de mobilisation nationale par l’État japonais.

1946 : naissance de Joyaux (Hôseki), la grande revue policière d’après-guerre.

1947 : Ranpo devient le premier président du tout nouveau Club des écrivains de romans policiers japonais.

1954 : création, sous l’égide de Ranpo, du prix Edogawa Ranpo.

Années 1960 : boom du roman policier social. Matsumoto Seichô en est le grand représentant.

 

Matsumoto SeichoMatsumoto Seichô (cliché transmis par G. Peloux)

 

1965 : décès de Ranpo, à l’âge de 70 ans.

1968 : adaptation du Lézard noir au cinéma par Fukasaku Kinji, avec une apparition remarquée de Mishima Yukio.

Le Lézard noir de Fukasaku KinjiLe Lézard noir de Fukasaku kinji (cliché transmis par G. Peloux)

 

Années 1990-2000 : boom du roman policier féminin (Natsuo Kirino, Takamura Kaoru, Miyabe Miyuki, etc.).

2002 : la dernière demeure de Ranpo devient un musée en son honneur et un centre de recherche sur la culture populaire.

Entrée maison RanpoLa dernière demeure de Ranpo (Cliché G.Peloux)

 

2016 : colloque international Edogawa Ranpo à Paris. Au Japon, l’œuvre de l’auteur entre dans le domaine public.

Gérald Peloux

 

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PROCHAINE CONFERENCE DU 23/02/19 A 14H30 BIBLIOTHEQUE NUCERA " LE MONDE ETRANGE D'EDOGAWA RAMPO" PAR GERALD PELOUX

A NE PAS MANQUER VOUS QUI AIMEZ LE ROMAN POLICIER

 

LA PROCHAINE CONFERENCE DU 23/02/19 A 14H30

BIBLIOTHEQUE NUCERA NICE

 

" LE MONDE ETRANGE D'EDOGAWA RANPO"

PAR GERALD PELOUX

Maître de Conférences en civilisation japonaise à l'université de Cergy-Pontoise

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Quelques dates importantes

(roman policier japonais et Edogawa Ranpo)

 

- fin des années 1870 : apparition au Japon des premiers textes occidentaux traduits en japonais abordant des questions criminelles.

 

- 1889 : parution d’Atroce (Muzan) par Kuroiwa Ruikô, considéré comme le premier roman policier original écrit au Japon.

 

- 1894 : naissance de Hirai Tarô (futur Edogawa Ranpo).

 

- Années 1910 : le roman policier intéresse les écrivains de « grande littérature » (Tanizaki Jun.ichirô, Akutagawa Ryûnosuke, etc.).

 

1919 : Hirai Tarô crée le pseudonyme Edogawa Ranpo.

 

1920 : naissance de la revue Le Jeune Homme moderne (Shinseinen).

 

Shinseinen - numéro 1 - numéro d'avril 1920Shinseinen n°1, avril 1920 (cliché transmis par G.Peloux)

 

1923 : publication dans Shinseinen de la première nouvelle d’Edogawa Ranpo, La Pièce de deux sen (Nisen dôka).

 

1924 : première apparition de son détective fétiche, Akechi Kogorô, dans Le Meurtre de la rue D (D-zaka no satsujin jiken [inédit en France]).

 

1928 : publication d’un de ses plus grands succès, La Bête dans l’ombre (Inju).

1936 : début de la publication de ses récits policiers pour enfants.

Texte de Gérald Peloux,

A SUIVRE...

 

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Venez découvrir "le monde étrange d'Edogawa Rampo": Rencontre adhérents le 12/02 et Conférence le 23/02/19 par Gérald Pelloux

Venez découvrir "le monde étrange d'Edogawa Rampo"

 

 

Rencontre adhérents à la Maison des Associations de Garibaldi le 12/02/19

et

Conférence à la Bibliothèque Nucera Nice le 23/02/19 par Gérald Pelloux

Maitre de Conférences à l'université de Cergy-Pontoise

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Tout comme en France, le roman policier occupe au Japon une place majeure dans le champ littéraire. Il est considéré comme le genre le plus lu et nombre de ses œuvres connaissent, dans les deux pays, des tirages souvent conséquents.

 

En Occident, Arthur Conan Doyle, Agatha Christie, Georges Simenon, et, plus récemment,  Fred Vargas, sont surtout connus par leurs héros détectives, Sherlock Holmes, Hercule Poirot, le commissaire Maigret et le commissaire Adamsberg. Ces personnages font désormais partie de la culture populaire avec des adaptions au cinéma, en BD, à la télévision, et sont l’objet de nombreuses études dans le monde académique.

 

Pour nombre d’occidentaux, le genre policier est fondamentalement lié aux cultures anglo-saxonnes : il n’y a qu’à voir le nombre de séries télévisées américaines policières et leurs succès pour s’en convaincre. Pourtant le genre est tout autant apprécié dans d’autres parties du monde et rares sont les pays ne possédant pas une littérature policière foncièrement ancrée dans les réalités et les problématiques de ses habitants. C’est sans doute pour cela que le genre policier rencontre un tel succès : il joue souvent le rôle de miroir d’une société qui s’interroge sur ses problèmes, son futur.

 

6 (1954年蔵の中)Rampo, vers 1954. copyright : Hirai Kentarô

 

 

Le Japon n’est pas exempt de ce phénomène et le champ de la littérature policière y est particulièrement développé. Il a cependant ceci de particulier que sa naissance est plus complexe qu’en Occident. Les premiers textes policiers japonais apparaissent dans la décennie 1880 et se nourrissent en effet à deux sources : le roman policier occidental et la production littéraire autochtone.

 

L’étude du roman policier japonais et de son plus grand représentant jusqu’aux années 1950-1960, Edogawa Ranpo, permet ainsi de mieux comprendre la société japonaise, ses fantasmes, mais aussi son rapport ambigu à l’influence occidentale et à la « tradition littéraire ».

Texte de Gerald Peloux

 

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NOTEZ LA PROCHAINE CONFERENCE DU 23/02/19 A 14H30 " LE MONDE ETRANGE D'EDOGAWA RAMPO" PAR GERALD PELOUX

DANS LE CADRE DE LA THEMATIQUE DES CONFERENCES 2018-2019 SUR LA LITTERATURE JAPONAISE

NOTEZ LA PROCHAINE CONFERENCE BIBLIOTHEQUE NUCERA

LE 23/02/19 A 14H30

" LE MONDE ETRANGE D'EDOGAWA RAMPO"

PAR GERALD PELOUX

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L'Association France Japon-Chaire Kawabata de Nice a le plaisir de vous faire découvrir avec Edogawa Rampo, le roman policier japonais.

2 (緑館1929年ごろのポートレイトサイン入り)Rampo vers 1929, copyright : Hirai Kentarô.cliché transmis par Gérald Peloux

Pour mieux faire connaissance avec cet auteur, si vous ne le connaissiez pas avant, les adhérents peuvent se retrouver à l'occasion d'une

"Rencontre Japonaise" le 8 février 2019, à 14h,

Maison des Associations de Garibaldi

où nous partagerons nos ressentis sur cet auteur, afin de mieux "tirer partie" de la conférence d'un spécialiste de l'auteur Gérald Peloux, Maître de Conférences,

le 23 février 2019 14h30 Bibliothèque Nucera

A toutes fins utiles:

bibliographie des ouvrages traduits en français

Injû : La Bête dans l’ombre (paru antérieurement sous le titre La Proie et l’ombre), trad. du japonais par Jean-Christian Bouvier, Arles : Philippe Picquier, 1988, rééd. coll. Picquier poche, 2008, 142 p. [contient La Bête dans l’ombre, Le Test psychologique].

 

La Chambre rouge, trad. du japonais par Jean-Christian Bouvier, Arles : Philippe Picquier, 1990, rééd. coll. Picquier poche, 1995, 125 p. [contient La Chenille, la Chaise humaine, Deux Vies gâchées, La Chambre rouge, La Pièce de deux sen].

 

L’Enfer des miroirs, trad. du japonais par Cécile Sakai, in Groupe Kirin, Anthologie de nouvelles japonaises : tome 1 – 1910-1926, Les Noix, La Mouche, Le Citron, Arles : Picquier, 1991, rééd. coll. Picquier poche, 1998, p. 47-65.

 

L’Île panorama, trad. du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle, Arles : Philippe Picquier, 1991, rééd. coll. Picquier poche, 1999, 156 p.

 

La Bête aveugle, trad. du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle, Arles : Philippe Picquier, 1992, rééd. coll. Picquier poche, 1999, 157 p.

 

Le Lézard noir, trad. du japonais par Rose-Marie Makino-Fayolle, Arles : Philippe Piquier, 1993, rééd. coll. Picquier poche, 2000, 156 p.

 

Mirage, trad. du japonais par Karine Chesneau, Arles : Philippe Picquier, 1993, rééd. coll. Picquier poche, 2000, 138 p. [contient Mirage, Vermine]

 

Le Démon de l’île solitaire, trad. du japonais par Miyako Slocombe, Paris : Wombat, coll. Iwazaru, 2015.

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Aujourd'hui, samedi 26 janvier 2019 à 14h30, Bibliothèque Nucera venez assister à une conférence sur la littérature d'Okinawa

Aujourd'hui, samedi 26 janvier 2019

à 14h30

Bibliothèque Nucera, Nice

(Entrée libre dans la mesure des places disponibles)

Conférence de M. Nicolas Mollard, Maître de Conférences,

Faculté des Langues de Lyon

L1240243Okinawa, Cliché C.F., 01/2018

Littérature d’Okinawa : une « créolité » à la japonaise ?

Riche d’une histoire qui la singularise du reste du Japon, Okinawa a longtemps eu du mal à faire entendre la voix de ses écrivains. Leur œuvre est éminemment politique, bien sûr, mais elle doit aussi négocier avec un marché éditorial centré sur Tokyo qui tend à l’enfermer dans l’exotisme ou le régionalisme. De quel type de "créolité" est-elle porteuse ? Telle est la question à laquelle nous invite la lecture de Yamanokuchi Baku, Ōshiro Tatsuhiro, Matayoshi Eiki ou Medoruma Shun...

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Samedi 26 janvier 2019, 14h30, Bibliothèque Nucera, Nice Conférence sur la Littérature d'Okinawa

Répondez nombreux à l'invitation

de l'Association France japon-Chaire Kawabata de Nice

Bibliothèque Nucera à 14h30

Conférence sur la Littérature d'Okinawa par Nicolas Mollard

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Entrée libre dans la mesure des places disponibles

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L1240225Okinawa, cliché C.F, 01/2018

 

Nicolas Mollard est actuellement maître de conférences à l’Université Jean Moulin de Lyon 3, spécialiste de l’histoire littéraire et intellectuelle du Japon moderne. Il a fait ses études à l’Université de Genève, où il a travaillé comme assistant puis maître-assistant, avant un séjour de quatre ans (2013-2017) à la Maison Franco-Japonaise de Tokyo.

Parmi les publications récentes : il a dirigé un numéro spécial de la revue Ebisu sur « L’après-guerre des intellectuels japonais » (2017) et un recueil de traductions La trajectoire du Japon moderne. Regards critiques des années 1950 (Les Belles Lettres, 2018).

Depuis quelques années, il s’intéresse aux relations entre Okinawa et le Japon, et il est en train de traduire l’œuvre poétique de Yamanokuchi Baku (dont  quelques poèmes seront présentés au cours de cette conférence).

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Conférence sur la littérature d'Okinawa, le 26 janvier 2019, 14h30 auditorium de la Bibliothèque Nucera, par N.Mollard

Bibliographie

Nicolas Mollard qui présentera la conférence "Littérature d'Okinawa:une créolité japonaise"ce samedi 26 janvier à 14h30 vous a conseillé de lire deux auteurs d’Okinawa : Medoruma Shun (né en 1960) et Matayoshi Eiki  (né en 1947) ainsi que l’auteur japonais Yoshimura Akira. Nous avions déjà évoqué antérieurement Medoruma, j’espère que ces quelques extraits vous inciteront à lire les deux auteurs suivants :

Akira Yoshimura, Mourir pour la patrie, Actes Sud, 2014  pour la traduction française

C’est la vie de Shinichi Higa, soldat de deuxième classe de l’armée impériale durant la poignante bataille d’Okinawa. Il a 14 ans, un visage d’enfant. Il doit retrousser les manches de sa vareuse et les jambes du pantalon car il n’y en avait pas à sa taille. Il fait partie de l’unité  Fer et  Sang pour l’Empereur, c’est un homme!

« La préfecture d’Okinawa est un chapelet d’îles, petites et grandes, à huit cents kilomètres au sud-ouest  de Kagoshima. Elle peut paraitre isolée. Mais si ces îles qui font partie du Japon tombaient aux mains de l’ennemi, cela mettrait sans nulle doute en péril les grandes îles japonaises que les gens d’Okinawa appelaient le Yamato.

Ce nom avait pour Shinichi une résonnance mystique, presque abstraite.Comme il n’y était jamais allé, il n’avait jamais vu l’endroit où vivait Sa Majesté l’empereur ou le sublime mont Fuji. Le Yamato subissait déjà les bombardements de l’ennemi. Ses habitants seraient informés sans tarder d’une attaque contre Okinawa. Ils ne manqueraient pas de suivre de près le combat de leurs frères et attendraient beaucoup d’eux ;

-Je suis japonais et j’ai à présent une chance unique de montrer à mes compatriotes ce dont, nous les habitants d’Okinawa, sommes capables. Moi aussi en tant que soldat de l’empire, je veux accomplir de glorieux faits d’armes et mourir au combat pour que mon âme soit honorée au sanctuaire du Yasukuni. »

L1240124Château de Shuri, Okinawa, Cliché C.F. 2018

 

Matayoshi  Eiki, Histoire d’un squelette, Editions Philippe Picquier, 2006 pour la traduction française

Roman développant une intrigue prenante dans le domaine de l’archéologie et drolatique concernant la mise en place d’un musée local. Très intéressant il permet d’apprendre beaucoup de choses sur l’ancien royaume du Ryûkyû avec une fine évocation de la bataille d’Okinawa, et une succulente étude sociologique de la population okiwaïenne et japonaise  d’après-guerre.

 « -cela fait des dizaines d’années que ces gens-là agitent toujours le même drapeau, que la guerre a été une tragédie pour Okinawa et ainsi de suite. En réalité c’est juste une tactique.Ils en tirent partie pour attiser les frictions entre Okinawa et la métropole.

-Mais qu’a été la guerre pour Okinawa, sinon une ignoble tragédie ? La population sans défense s’est fait massacrer par l’armée américaine, et par l’armée japonaise par-dessus le marché.

-De quel droit les jeunes d’aujourd’hui, qui ne connaissent que la liberté et l’insouciance, peuvent ils juger les jeunes soldats japonais, qui se sont retrouvés pris comme des rats sur cette petite île, encerclée par une armée américaine d’une puissance supérieure à tous points de vue ? »

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Samedi 26 janvier 2019, 14h30, Bibliothèque Nucera, Nice Conférence sur la Littérature d'Okinawa

CONFERENCE DU 26 JANVIER 2019, 14H30 

"LITTERATURE D'OKINAWA..."

Bibliothèque Nucera, Nice

le 26 janvier 2019, 14h30

"Littérature d'Okinawa : une créolité japonaise"

par Nicolas Mollard

Maître de conférences, Faculté des Langues de Lyon

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Aussi, quand la prestigieuse maison d’édition Iwanami (équivalent de Gallimard) consacre un tome entier à la littérature d’Okinawa dans sa nouvelle série sur L’histoire de la littérature japonaise en 18 volumes (1995-1997), le fait est désormais acquis : non seulement il existe une littérature d’Okinawa qui possède une singularité propre, mais ses qualités esthétiques sont largement reconnues.

 

ill4 iwanamikoza nihonbungakushi (1995-1997)Littérature des Ryûkyû et d’Okinawa,

volume 15 de la nouvelle série Histoire de la littérature japonaise aux éditions Iwanami (1996)

Cliché N. Mollard

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Prochaine conférence de l'Association France Japon-Chaire Kawabata le 26/01 14h30 Bibliothèque Nucera "Littérature d'Okinawa"

Prochaine conférence de l'Association France Japon-Chaire Kawabata

le 26/01/2019 à 14h30 Bibliothèque Nucera, Nice

"Littérature d'Okinawa: une créolité japonaise"

par

Nicolas Mollard,

Maître de Conférences, Faculté des Langues de Lyon

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Entrée gratuite dans la mesure des places disponibles

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Les écrivains d’après la rétrocession (1972-)

 

 

 

Il devient difficile de résumer en quelques mots les directions prises par la littérature d’Okinawa après la rétrocession au Japon tant les écrivains ont des profils divers. Mais on notera deux phénomènes singuliers : la reconnaissance d’une « littérature d’Okinawa » au niveau national et un questionnement sur le choix de la langue d’expression.

 

 

 

Après s’être structuré autour de revues phares, comme Shin Okinawa bungaku (1966-1993), le monde littéraire d’Okinawa semble gagner en visibilité auprès du lectorat national et des grandes maisons d’édition de la capitale. Suivant l’exemple d’Ôshiro Tatsuhiro, Higashi Mineo (1938-) remporte le 66e prix Akutagawa (1971) avec Okinawa no shônen (Un garçon d’Okinawa), qu’il partage avec un auteur d’origine coréenne, Ri Kaisei (1935-). Puis c’est le tour de Matayoshi Eiki (1947-) avec Buta no mukui (Le châtiment du cochon, 1995) et Medoruma Shun (1960-) avec Suiteki (Gouttelettes, 1997). Indéniablement, le canon de la « littérature japonaise » s’est progressivement ouvert aux voix des minorités sociales et géographiques. Aussi, quand la prestigieuse maison d’édition Iwanami (équivalent de Gallimard) consacre un tome entier à la littérature d’Okinawa dans sa nouvelle série sur L’histoire de la littérature japonaise en 18 volumes (1995-1997), le fait est désormais acquis : non seulement il existe une littérature d’Okinawa qui possède une singularité propre, mais ses qualités esthétiques sont largement reconnues.

 

La nouvelle génération de romanciers, Higashi Mineo dans une moindre mesure, mais surtout les plus jeunes, Medoruma Shun ou Sakiyama Tami (1953-), s’interroge sur les possibilités d’expression créative qu’offre leur langue natale. Des poètes déjà avaient contribué à une renaissance littéraire des langues ryûkyû : en l’utilisant pour des expérimentations modernistes (Nakazato Yûgô), comme expression de la vie quotidienne (Uehara Kizen) ou encore en se réappropriant la forme des omoro antiques (Makuta Tadashi). Medoruma, et surtout Sakiyama, chercheront des voies originales pour dépasser la simple transcription ethnographique de dialogues en patois et faire des parlers locaux une véritable source d’inspiration pour l’invention d’un nouveau langage littéraire. Non pas enrichir le japonais de quelques mots de dialecte, mais le faire exploser, comme aime à le rappeler Sakiyama Tami.

 

Les écrivains d’Okinawa sont ainsi appelés à trouver une voie originale en négociant avec un marché éditorial centré sur Tokyo qui tend à les enfermer dans l’exotisme ou le régionalisme, sans pour autant tourner le dos au lectorat métropolitain pour ne s’adresser qu’aux Okinawaïens.

N. Mollard

 

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Conférence sur la littérature d'Okinawa, le 26 janvier 2019, 14h30 auditorium de la Bibliothèque Nucera, par N.Mollard

L'Association France-Japon Chaire Kawabata de Nice vous invite

Conférence par Nicolas Mollard

" Littérature d'Okinawa : une créolité japonaise "

Maître de Conférences, Faculté des Langues de Lyon

le 26 janvier 2019, 14h30 auditorium de la Bibliothèque Nucera, Nice

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Entrée libre dans la mesure des places disponibles

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La littérature d’Okinawa sous l’occupation (1945-1972)

(suite)

 

 

C’est de cette université [des Ryûkyû] que vint la renaissance littéraire sous la forme d’une revue, Ryûdai bungaku (1953-1978), inspirée des revues japonaises de gauche. Si elle ne laissa que peu d’œuvres mémorables, elle nourrit néanmoins les débats sur le rôle de la littérature sous l’occupation et les critiques envers l’establishment littéraire et politique. Deux de ses éditeurs, Arakawa Akira (1931-) et Kawamitsu Shinichi (1932-), deviendront d’influents journalistes au Okinawa Times. En 1966, ils fondent Shin Okinawa bungaku (1966-1993), une revue aux ambitions plus généralistes, qui devient le passage obligé pour tous les auteurs et critiques de la nouvelle génération.

ill3 cocktail party cover (1967)Couverture de Cocktail Party d’Ôshiro Tatsuhiro paru en volume aux éditions Bungei shujû en 1967.

 

C’est là qu’est publié par exemple le récit d’Ôshiro Tatsuhiro (1925-), Cocktail Party (1966), qui vaudra au ténor du monde littéraire okinawaïen dans les années 1950-60 la reconnaissance au niveau national en remportant le prix Akutagawa. L’histoire se déroule à Naha en 1963, dans l’atmosphère internationale qui entoure les invités à une réception organisée par un officier américain. Quatre personnages incarnent un vécu spécifique : le protagoniste, un employé municipal originaire d’Okinawa, l’officier américain, intellectuel sinophile, un avocat chinois,  et un journaliste japonais. Mais deux événements vont fissurer l’entente cordiale et quelque peu hypocrite qui régit cette petite société : la disparition momentanée du fils de l’officier et le viol de la fille du protagoniste. Personne n’en ressortira moralement indemne alors que les petits secrets des uns et des autres remonteront à la surface.

 

 N. Mollard

 

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CONFERENCE DU 26 JANVIER 2019, 14H30 : "LITTERATURE D'OKINAWA..." N.MOLLARD, BIBLIOTHEQUE NUCERA, NICE

CONFERENCE DU 26 JANVIER 2019, 14H30 

"Littérature d'Okinawa : une créolité japonaise "

par Nicolas MOLLARD,

Maître de Conférences, Faculté des Langues de Lyon

BIBLIOTHEQUE NUCERA, NICE

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La littérature d’Okinawa sous l’occupation (1945-1972)

 

Dans l’après-guerre, les écrivains réinterrogent l’identité d’Okinawa au prisme de l’histoire récente : l’expérience d’une bataille meurtrière et l’occupation américaine. Makiminato Tokuzô (1912-2004) incarne un de ces regards introspectifs portés sur la guerre. En tant que journaliste, il coédita un ouvrage qui allait porter pour la première fois à la connaissance d’un large public les témoignages de civils, Tetsu no bôfû (Tempête d’acier, 1950). En tant que poète, il tenta de retranscrire son expérience sans éluder la question de sa propre responsabilité dans la guerre – il était journaliste au service de l’armée – évitant ainsi le récit simpliste d’une victimisation collective.

 

Tous les regards ne restaient cependant pas rivés sur le passé. L’internement des civils, l’extrême dénuement des premières années sous l’occupation américaine, puis la confiscation des terres en vue de renforcer la présence militaire, et les luttes politiques contre l’occupant amenèrent les écrivains à réfléchir sur le temps présent. Même si les enjeux géostratégiques dans la région l’emportaient sur les résistances citoyennes, l’occupant amena aussi ce que les Japonais n’avaient pas fait avant eux : l’établissement d’une université des Ryûkyû (1951) pour former les élites locales.

N. Mollard

A suivre...

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