CONFERENCE DE JULIEN BEAL 

27 AVRIL 2019, 14H30 

"LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER"

AUDITORIUM BIBLIOTHEQUE NUCERA, NICE

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"LE JAPON SOUS L'OBJECTIF DE NICOLAS BOUVIER"

(Suite)

Premier séjour de vingt mois seul de 1955 à 1956, deuxième séjour avec femme et enfants de 1964 à 1966, puis séjours plus courts lors de l’exposition universelle d’Ôsaka en 1970 et en 1997 à la toute fin de sa vie ; le Japon est une rencontre au long cours, un véritable compagnon de vie pour Nicolas Bouvier. A l’inverse, Bouvier peut aussi être considéré comme un véritable témoin de l’évolution du Japon dans une période particulièrement importante pour ce pays. Les photographies de Bouvier donnent à voir du reste ce développement spectaculaire du Japon notamment au niveau de l’urbanisation. Car, autant celles du premier séjour montraient un Japon, certes américanisé mais qui conservait encore son essence rurale, autant celles des séjours postérieurs montrent l’emprise inexorable du développement économique et d’une de ses composantes : la ville (ou plutôt la métropole).

 

(…) en 1955, les occidentaux au Japon so

LE VIDE ET LE PLEIN

nt surtout Etats-uniens, il y a très peu d’européens et Bouvier va vite se rendre compte que le Japon est en quête d’autre chose que de culture américaine et que sa personne va symboliser, non pas la Suisse, mais la France dont la culture, la littérature, les arts et la chanson sont très prisés. Malgré sa volonté de mettre son égo de côté, Bouvier a forcément apprécié cette « notoriété », cette curiosité intellectuelle à son égard, même si elle est induite par des phénomènes de masse.

Il serait réducteur cependant de résumer le séjour de Bouvier au Japon à celui d’une « idole occidentale » tant Bouvier y a vécu de sentiment contradictoires et tant il avait l’impression parfois d’être en dehors de tout, surtout lors de son premier séjour.

Il est à ce propos très intéressant de remarquer que non seulement Bouvier utilise le terme « Gaijin » (外人littéralement « la personne de dehors » qui désigne de manière brutale l’étranger) en page de garde de son ouvrage Japon mais qu’en plus il le fait figurer dans son écriture japonaise et qu’il y adjoint une citation de La Fontaine : « J’étais là, quelque chose m’advint » insistant ainsi sur son positionnement extérieur à la mentalité japonaise et sur son incompréhension de sa transposition dans le réel.  

 

A suivre...

Julien Béal,Université Côte d’Azur,

Centre Transdisciplinaire et Epistémologique de la Littérature et des arts vivants