Venez découvrir "le monde étrange d'Edogawa Rampo"

 

 

Rencontre adhérents à la Maison des Associations de Garibaldi le 12/02/19

et

Conférence à la Bibliothèque Nucera Nice le 23/02/19 par Gérald Pelloux

Maitre de Conférences à l'université de Cergy-Pontoise

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Tout comme en France, le roman policier occupe au Japon une place majeure dans le champ littéraire. Il est considéré comme le genre le plus lu et nombre de ses œuvres connaissent, dans les deux pays, des tirages souvent conséquents.

 

En Occident, Arthur Conan Doyle, Agatha Christie, Georges Simenon, et, plus récemment,  Fred Vargas, sont surtout connus par leurs héros détectives, Sherlock Holmes, Hercule Poirot, le commissaire Maigret et le commissaire Adamsberg. Ces personnages font désormais partie de la culture populaire avec des adaptions au cinéma, en BD, à la télévision, et sont l’objet de nombreuses études dans le monde académique.

 

Pour nombre d’occidentaux, le genre policier est fondamentalement lié aux cultures anglo-saxonnes : il n’y a qu’à voir le nombre de séries télévisées américaines policières et leurs succès pour s’en convaincre. Pourtant le genre est tout autant apprécié dans d’autres parties du monde et rares sont les pays ne possédant pas une littérature policière foncièrement ancrée dans les réalités et les problématiques de ses habitants. C’est sans doute pour cela que le genre policier rencontre un tel succès : il joue souvent le rôle de miroir d’une société qui s’interroge sur ses problèmes, son futur.

 

6 (1954年蔵の中)Rampo, vers 1954. copyright : Hirai Kentarô

 

 

Le Japon n’est pas exempt de ce phénomène et le champ de la littérature policière y est particulièrement développé. Il a cependant ceci de particulier que sa naissance est plus complexe qu’en Occident. Les premiers textes policiers japonais apparaissent dans la décennie 1880 et se nourrissent en effet à deux sources : le roman policier occidental et la production littéraire autochtone.

 

L’étude du roman policier japonais et de son plus grand représentant jusqu’aux années 1950-1960, Edogawa Ranpo, permet ainsi de mieux comprendre la société japonaise, ses fantasmes, mais aussi son rapport ambigu à l’influence occidentale et à la « tradition littéraire ».

Texte de Gerald Peloux