Lors de la Rencontre du 12/11/2018 à la maison des Associations Garibaldi à Nice de 14h à 17h

Venez nombreux partager vos impressions à propos du livre de

Terayama shûji " Devant mes yeux le désert "

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En attente de la Conférence du 8/12/2018 qui nous en dira beaucoup plus, pour mieux comprendre l'auteur, continuons de feuilleter :

Keiko Courdy, Terayama Shuji, Soleil Noir du Théâtre Contemporain Japonais, une figure représentative de la scène avant-garde japonaise,

 

Mémoire de Maitrise 1991 (Mention TB), sous la direction de Georges Banu, Institut d'Études Théâtrales (IET), Université de Paris III, la Sorbonne Nouvelle. Disponible en consultation à la bibliothèque Gaston Baty.

 

 

... "Un missionnaire anglais a autrefois appelé cette région « l’Ecosse japonaise » et sans doute n’avait-il pas tort. Terayama élevé dans cet environnement a retranscrit de façon plus ou moins différente dans toute son œuvre ces atmosphères magiques et surréelles qu’il a pu approcher dans son enfance. Dans ces régions on trouve très vivantes des conceptions du monde illustrés par des mythes et des rites ancestraux qui ont certainement influencé Terayama (qui apparaissent d’ailleurs aussi dans le théâtre traditionnel Nô). L’une des idées principales est que l’homme et le cosmos font partie de la même unité. Thomas Immoos dans son merveilleux livre sur le théâtre japonais explique : « l’homme comme la nature sont soumis aux mêmes lois cosmiques. Par la communion mystique, l’homme est capable d’accorder son action à l’ensemble du système cosmique. Cette relation mystique entre l’homme et le cosmos est à l’origine du théâtre primitif où religion, magie, rites et art se trouvent intimement mêlés. » Dans tout le Japon, on trouvait ces rites magiques d’une population agraire cherchant à obtenir des forces de la nature qu’ils invoquaient une meilleure fertilité des terres, des hommes, animaux, plantes etc … Immoos  présente l’un des mythes fondateurs essentiels qui va marquer la destinée du théâtre au Japon.

« Au commencement des temps, un dieu descendit sur un arbre. De là il fut conduit dans un sanctuaire où il élut domicile dans un symbole (pierre, branche, miroir, masque…). A l’occasion de la fête, ce symbole réel est reconduit en procession solennel vers l’arbre sacré où l’on dresse un autel temporaire pour faire des offrandes de sacrifices, prières, danses, jeux… »

Ce phénomène d’utilisation de symboles réapparait beaucoup dans le théâtre traditionnel mais aussi chez les troupes de l’Angura et notamment chez Terayama qui faisait toujours appel à quelques objets symboliques sur scène pour exprimer des idées abstraites.

La présence des « kami » (ces entités sacrées ou dieux qui représentent l’aspect bénéfique de la nature) et des « oni » (par opposition, ils sont les démons maléfiques que l’on essaie d’exorciser lors des fêtes rituelles) est très vivante dans la région d’Aomori. Surtout dans ses premières pièces, Terayama rappelait cette présence de forces surnaturelles positives ou négatives qui dominent l’homme qui ne peut les contrôler mais avec lesquelles il peut évidemment entrer en relation. Ce genre de notions communes plus ou moins au Japon entier mais peu à peu oubliées derrière une modernisation forcée étant encore très familières aux habitants du Tohoku du nord.

On comprend comment l’influence de cette région a pu être puissante sur le jeune Terayama et de quelle façon elle a laissé des traces tout au long de son œuvre poétique, théâtrale ou filmique. Comme on a pu le remarquer tout à l’heure, Terayama était fier de cet héritage régional qui comme sa période de non identification, sa chute dans les escaliers et le fait qu’il soit gros (il apparait de gabarit moyen pour les standards occidentaux, étant de petite taille) le distinguait de ses concitoyens.

La présence des « kami » (ces entités sacrées ou dieux qui représentent l’aspect bénéfique de la nature) et des « oni » (par opposition, ils sont les démons maléfiques que l’on essaie d’exorciser lors des fêtes rituelles) est très vivante dans la région d’Aomori. Surtout dans ses premières pièces, Terayama rappelait cette présence de forces surnaturelles positives ou négatives qui dominent l’homme qui ne peut les contrôler mais avec lesquelles il peut évidemment entrer en relation. Ce genre de notions communes plus ou moins au Japon entier mais peu à peu oubliées derrière une modernisation forcée étant encore très familières aux habitants du Tohoku du nord.

On comprend comment l’influence de cette région a pu être puissante sur le jeune Terayama et de quelle façon elle a laissé des traces tout au long de son œuvre poétique, théâtrale ou filmique. Comme on a pu le remarquer tout à l’heure, Terayama était fier de cet héritage régional qui comme sa période de non identification, sa chute dans les escaliers et le fait qu’il soit gros (il apparait de gabarit moyen pour les standards occidentaux, étant de petite taille) le distinguait de ses concitoyens."