Gérald PELOUX,

Agrégé de langue et civilisation japonaises, Maître de conférences en civilisation japonaise  (Université de Cergy-Pontoise)

 

Invité par l'Association Chaire Kawabata Association France Japon  présentera une conférence le 24 février 2018

Auditorium de la bibliothèque Nucera à Nice à 14h30

(Entrée libre dans la mesure des places disponibles)

 

Comprendre le Japon par sa langue : histoire et spécificités de la langue japonaise

utagawa kuniyoshi - namazu

Utagawa Kuniyoshi (1797-1861), Poisson-chat,

Série : « chats formant des syllabes », vers 1842

 

Le japonais, du chinois ?

Nombreuses sont encore aujourd’hui les personnes peu au fait de l’Asie à confondre le Japon, la Chine, sans parler de la péninsule coréenne. Les confusions sont encore plus nombreuses lorsqu’on aborde le fait linguistique. La proximité géographique de ces Etats et les conclusions hâtives qui en sont tirées (« tout comme la France et l’Italie sont voisines, le français et l’italien sont proches, il doit en être de même du chinois, du japonais et du coréen »), l’apparente ressemblance de leur écriture (présence de caractères identiques dans les deux langues, à un moindre degré pour le coréen) jouent en défaveur d’une vision juste de la réalité. Car cette dernière est toute autre : si on considère que le graphisme d’une langue n’est qu’un aspect second, un aléa de l’histoire d’une langue, le japonais n’a absolument rien en commun avec la langue chinoise. Et pourtant, paradoxalement, les deux langues sont très fortement liées.

Alors qu’un Français considère comme acquis et ne trouve pas anormal que les langues voisines de son pays soient pour une part compréhensibles, les Japonais sont confrontés au phénomène inverse : leur langue ne ressemble à aucune langue voisine et aucune intercompréhension n’est possible avec le chinois, le coréen, etc.

A suivre...