A propos du Dit des Heike...

Ecoutons maintenant René Sieffert qui va nous donner une (…) "rapide analyse qui permettra de mieux comprendre à la lecture cet ouvrage à la fois dense et touffu.

220px-Minamoto_no_YoshitomoMinamoto no Yoshitomo (Image internet)

 

Dans les premiers jours de l’an II de Heiji (1160), Taïra no Kiyomori, chef de clan des Heike, se retrouvait maître absolu de la Ville et du Palais par l’élimination, non seulement de ses adversaires, Fujiwara no Nobuyori et Minamoto no Yoshitomo, mais aussi de son plus redoutable allié, le Bas Conseiller Religieux Shinsei. Désormais son ascension sera rapide (…)

[Taïra no Kiyomori] n’a plus désormais aucune raison de dissimuler ses ambitions. Ce qu’il veut, c’est supplanter purement et simplement les Fujiwara, en s’appropriant des offices qui pendant des siècles furent leur  privilège. Il suit pour la forme un cursus honorum singulièrement accéléré, pour devenir en 1167 Grand Ministre. De ce jour et jusqu’à sa mort, il exercera un pouvoir absolu que personne n’osera lui contester,  pas même les Genji des provinces dont la plupart se sont ralliés, au moins en apparence. Usant d’un autre procédé cher aux Fujiwara, il fera de l’une de ses filles une nyôgo, une épouse impériale, puis lorsqu’elle aura mis au monde un Prince, il fera, toujours dans la meilleure tradition des Fujiwara, abdiquer son gendre au profit de l’enfant que la postérité connaitra sous le nom d’Antoku-Tennô. Comme les Fujiwara encore, ses fils graviront les échelons des commandements de la garde et du conseil privé et l’aîné, Shigémori, sera bientôt Ministre tandis que les autres membres du clan se partagent les offices et prébendes, et notamment les gouvernements de plus de la moitié des soixante-dix provinces."

 

In Le Dit des Heike, Introduction de René Sieffert, Verdier/poche, 2012

A suivre...