Terminons la lecture du texte de M. François Macé sur le Shinto dans le cadre

de sa prochaine conférence sur ce sujet

Le shintô et le système religieux japonais

Quoiqu’en disent certains de ses représentants, le shintô ne peut être compris en dehors de toutes les autres composantes du système religieux japonais. Si par un extraordinaire concours de circonstance des pratiques très anciennes ont pu survivre, c’est que d’une part parce que le bouddhisme n’a pas voulu ou pas pu supplanter les dieux  et que d’autre part, la politique religieuse de Meiji à 1945  créa un shintô moderne fier de sa spécificité au moment du choc de la modernité et de l’occidentalisation.

Omiya hokoraOmiya hokora, cliché  François Macé

Plutôt que de les nier, le bouddhisme a préféré englober les kami dans son explication du monde en leur laissant une sphère d’influence, les intérêts immédiats de ce bas monde, les récoltes, la fertilité, la richesse.

La permanence des cultes rendus aux kami permit aux dirigeants de Meiji de les mettre au service de l’unité nationale qu’ils voulaient créer. Mais ils s’efforcèrent de les présenter sous une forme honorable, présentable, par rapport aux normes occidentales de la bienséance. Les aspects les plus crus comme les cultes phalliques furent en partie camouflés.

Grâce à ce patronage officiel, des formes plus humbles ont pu survivre au choc de la modernisation. Mais par ailleurs, la symbiose qui existait auparavant entre bouddhisme et shintô demeura vivante dans les pratiques populaires. On continua d’invoquer dans le même élan les dieux et les bouddhas en cas de malheur.

Pourquoi ne pas évoquer en fin de compte, la puissance des dieux.  Non seulement les grands sanctuaires ont résisté à l’absorption complète par le bouddhisme, mais les humbles chapelles d’Inari se sont maintenues en pleine ville au sommet d’un immeuble, dans le coin d’un parking.

FIN

François Macé, Centre d’études japonaises de l’INALCO

in texte internet  Le shintô: une religion première au xxie siècle?