Pour une meilleure écoute de la conférence, je vous invite à parcourir ensemble le livre de

Jérôme Ducor, Shinran, Un réformateur bouddhique dans le Japon médiéval, 2008

Collection le Maître et le Disciple, 2008 Infolio éditions, CH

 

Fondements doctrinaux

 

La Terre pure est l’un des principaux courants du Grand Véhicule (Mahâyâna), cette branche du bouddhisme qui met l’accent sur la possibilité pour tous les êtres de devenir eux-mêmes buddha. Selon le Grand Véhicule, tous les buddha ont une terre pure, qu’ils ont construite au fur et à mesure de leur progression sur le chemin de l’éveil, alors qu’ils n’étaient encore que des candidats à l’éveil (bodhisattva). Mais en Extrême-Orient, l’expression a fini par s’appliquer à la Terre pure par excellence, celle qui se nomme « La Bienheureuse ». Celle-ci constitue le domaine où prêche actuellement un buddha nommé Amida, cette appellation étant l’abréviation sino-japonaise du double nom sanskrit de ce buddha : Amitâbha (« Lumière –Infinie ») et Amitâyus (« Vie-Infinie).

(…)

L’expression « terre pure » (jôdo), apparue en Chine au tout début du Ve s., est la manière la plus courante dans le bouddhiste d’Extrême-Orient de désigner dans sa plénitude ce que les sources indiennes appellent « un champ de buddha » (buddhakshetra). De manière générale, un champ de buddha peut se définir comme le champ du rayonnement de la réalisation d’un buddha parfaitement accompli. Cette conception part du principe qu’un buddha ne reste pas inactif après son éveil mais qu’au contraire, il fait « œuvre de buddha » en partageant les fruits de sa réalisation avec les êtres non encore éveillés, essentiellement à travers son enseignement de la voie menant à la délivrance.

 

A suivre...

 

 

015609-cStatue du Buddha Amida
Japon, 1679, Bois, h. 90 cm
Musée d'ethnographie de Genève (inv. 015609)